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Depuis bientôt 10 ans, ce blog m’aura vraiment permis de faire tout un tas de rencontres et de découvertes, parfois inattendues et souvent formidables. Il m’aura permis de réfléchir, d’apprendre, de prendre confiance en moi, et de me remettre en question, aussi.

C’est encore une fois ce qui s’est passé il y a deux semaines, à Paris, où j’étais conviée avec Marjoliemaman et RitaLeChat à rencontrer l’équipe des CJC – Consultations Jeunes Consommateurs. Deux heures à échanger avec Jean-Pierre Couteron et Aude Stehelin, psychologues cliniciens, et Karine Grouard qui travaille au sein de ADALIS (Addictions Drogues Alcool Info Service) au sujet des addictions des 12 – 25 ans : l’alcool, le cannabis, les jeux vidéos, Internet… Vaste programme, n’est-ce pas ?

Avant cette rencontre, je ne connaissais pas les Consultations Jeunes Consommateurs, peut-être est-ce le cas aussi pour vous ? Alors pour résumer, les CJC, c’est un dispositif public d’aide gratuite et confidentielle apportée aux jeunes et à leur entourage lorsqu’il y a un souci d’addiction. Cette aide peut se faire par téléphone, ou en rendez-vous dans des centres spécialisés dans l’accueil des jeunes (maisons des adolescents, points accueil écoute jeunes, etc). Les CJC permettent de faire le point sur les différentes consommations addictives, et éventuellement de proposer une aide avant que cette consommation ne devienne problématique. Les jeunes peuvent s’y rendre seuls ou accompagnés de leurs parents ou d’un proche… Il y en a un peu partout en France, environ 400.

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Les deux heures que nous avons passées dans la CJC de Boulogne ont été incroyablement riches et elles auraient pu durer le double tant nous avions des choses à nous dire sur le sujet, et tant nous, les mamans, nous avions des tas et des tas de questions.

Car personnellement, avec trois enfants de 10, 12 et 15, forcément je me sens concernée. C’est typiquement le sujet que je maîtrise mal et qui m’angoisse un peu. Même si pour l’instant, à ma connaissance, aucun des trois ne consomme d’alcool ou de stupéfiants, je sais qu’il arrivera un moment où, forcément, ils y seront confrontés. Comme moi à leur âge. Mais avec leur vécu, leurs envies, leur entourage, leur personnalité à eux. Donc je ne peux pas vraiment anticiper leurs réactions en me basant sur les miennes d’alors.

C’est donc difficile de savoir comment il faudra réagir. Comment trouver un équilibre entre l’interdiction pure et simple, des règles strictes ou au contraire une certaine tolérance, comment éviter de paniquer et d’en faire un drame, et maintenir le dialogue quoi qu’il arrive. Un peu comme dans ces spots que je trouve particulièrement bien faits, et très parlants :

Cette rencontre avec les CJC était pour cela parfaite. Nous avons pu chacune aborder les problématiques qui nous tenaient le plus à cœur, et écouter les réponses de nos hôtes. C’était intéressant de croiser nos points de vues avec nos histoires et nos familles différentes. Et j’ai aimé l’approche très bienveillante de nos interlocuteurs qui informent, conseillent sans juger.

En effet, la première chose que j’ai retenue de ces échanges, c’est qu’en tant que parent, on ne s’inquiète jamais “trop vite” ou “pour rien”. Que le bon moment pour se tourner vers les CJC, c’est en fait dès qu’on commence… à s’inquiéter. Parce que souvent, un simple appel ou juste une rencontre avec un professionnel suffit à désamorcer une inquiétude ou une situation qui pourrait vite devenir problématique, et à repartir sur de bonnes bases.

Il serait difficile de vous faire un compte-rendu exhaustif de nos deux heures de discussion tant nous avons abordé différentes problématiques somme toute très personnelles (comment réagir lorsqu’on se rend compte que son enfant a une addiction, comment l’aider, comment maintenir le dialogue…) J’ai retenu certains conseils généraux, comme retarder au maximum l’âge de la première prise, essayer de développer les stratégies d’évitements, ne pas nier la composante “plaisir” des différentes addictions… Mais je serais peu avisée de développer plus que ça sur ce blog, car je ne suis pas une spécialiste, et ce n’est pas mon métier. J’aurais trop peur de mal m’exprimer et de dire des choses approximatives ou inexactes.

La meilleure chose que je peux faire, finalement, c’est de faire passer le message : en tant que parent ou même en tant qu’ado (je sais qu’il y en a qui me lisent), en cas de souci d’addiction pour vous ou un de vos proches, il existe des endroits où on peut en parler et trouver des solutions, sans pour autant basculer dans un système médical lourd. Ce sont les CJC, et à mon humble avis, elles gagnent à être connues !

Voici une dernière petite vidéo si le sujet vous intéresse :

Et si besoin, un numéro de téléphone : le 0800 23 13 13 (7 jours sur 7 – de 8h à 2h) et 2 sites web : les CJC et Drogue Info Service

N’hésitez pas à poser vos questions dans les commentaires, ils sont là pour ça, et je peux les faire remonter aux personnes du CJC.

Bonne journée !

(en partenariat avec les CJC)

15 Commentaires

  1. Maman d’une ado (la deuxième se prépare….), cette info m’intéresse aussi! Je note le numéro. Parce qu’on ne sait jamais, pour elle ou pour une amie, ça peut servir (et ne pas se voiler la face aussi!). merci.

    • :dot: C’est difficile de se positionner en tant que parent entre le “je me voile la face” et “je panique, c’est la fin du mond”, je trouve… (j’aurais tendance à être dans la 2ème catégorie !)

  2. Jusque là, je prenais la consommations de cannabis assez à la légère. Sauf que, les dernières études le confirme, le cannabis augmenterait les risques de schizophrénie… Ca calme. J’en parle déjà avec mon 11 ans, en espérant qu’il ne soit pas attirer par ces paradis artificiels.

    • :dot: J’ai toujours eu beaucoup de mal avec le discours parfois déculpabilisant au sujet du cannabis (le fait qu’on parle de drogue douce, notamment), mais je suis mal placée pour en parler vu que je n’en ai jamais consommé… Cela faisait partie de mes questions à la CJC, comment en parler quand on ne sait pas de quoi on parle. Ils m’ont rassurée sur ma “légitimité”, et donné plein d’arguments sociaux et médicaux. Les effets sur le cerveau en plein développement des ados sont en effet de plus en plus connus, et assez terrifiants il faut bien le dire.

  3. J’ai 35 ans (oué bientot je me prépare) et j’ai un passé de toxicomane de 7 ans a mon actif. A l’époque il n’y avait pas cela du moins pas dans ma campagne ni ou j’ai vécu a l’étranger. Je m’enfermais la dedans et dans la bouffe pour combler mon mal être avec mon p’tit bonhomme a l’époque. Mais un jour de trop ma maman a tiré la sonnette d’alarme et je m’en suis pas trop mal sortie, du coup je parle beaucoup avec la sœur du rat gondin qui a 23 ans est toujours a la recherche du plus. Et le pire c’est que c’est arrivé “Tard” pas pendant son adolescence mais plus a 20 ans lors de Bts. Oui il faut être vigilant et j’ai appris ces 6 dernières années avec la maladie de mon rat gondin comme tu le dis si bien, il n’y a jamais de trop dans l’inquiétude!

    • :dot: Non, ça ne sert à rien d’attendre, au contraire… Heureusement que ta maman a su trouver les bons mots et/ou les bons gestes pour te faire décrocher ! Bon courage avec ta belle fille, n’hésite pas à appeler une CJC, 23 ans c’est “grand” mais on a encore besoin d’aide et d’écoute à cet âge, et venant d’une tierce personne hors famille, plus neutre émotionnellement, souvent, ça aide.

  4. Merci pour le tuyau, je cherche justement à organiser une action de sensibilisation auprès de mes étudiants qui arrivent en cours le vendredi matin, encore alcoolisés de la veille) surtout les jeunes filles) 🙁
    Je vais contacter le CJC le plus proche
    Bonne fin de journée

    • :dot: J’espère que tu vas pouvoir mettre en place quelque chose ! N’hésite pas à me tenir au courant, par mail si tu préfères.

    • Ah les vendredis matins avec les terms/bts/prepas qui n’ont pas décuvés de leur nuit et qui vont comme ça en cours… Quand je les vois ça me fais presque peur !

  5. Merci, je regrette toujours de ne pas avoir su être mieux convaincre des parents proches d’agir quand il était temps pour éviter une spirale destructrice.

    Il ne faut jamais hésiter à se faire aider, c’est si important d’en parler.

  6. Merci pour cet article assez intéressant, je suis en pleins dans l’âge où tout ça est attrayant on va dire. Ce qui me fait “peur” c’est qu’avant quand j’entendais parler de canna c’était en mal limite autant que les drogues dites dures et que maintenant c’est banalisé, c’est presque devenu normal de fumer des joints, c’est rien, ça ne fait rien et ce n’est pas pire que l’alcool, c’est même mieux qu’ils disent. Alors que je sais bien qu’ils ont tord…
    J’en connais des gens qui sont ou en ont été dépendants, j’avais tellement envie de les secouer… Maintenant on voit bien le résultat, 22/23 ans ça n’a déjà plus de mémoire, te demande de quel côté on va accoster et 3 minutes après te le redemande, ça me fait mal au cœur mais c’est comme ça, ils s’en foutent, c’est tellement cool la défonce !…

    • :dot: Je vois très bien de quoi tu parles, je n’ai personnellement jamais trouvé ça cool, c’est sans doute pour ça que je n’ai jamais eu envie d’essayer, mais c’est loin d’être le cas de tout le monde…

  7. Pingback: CJC: LES ADDICTIONS, NOS ADOS ET NOUS. - Ritalechat

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