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Avec mes copines Céline et Céline, dimanche dernier, on a couru les 10 kms de la course Arradon-Vannes, en marge du 39ème semi-marathon international Auray-Vannes.

Céline, Céline et Céline, le nom de notre team était tout trouvé.

Je nous revois encore sur la plage d’Erdeven il y a trois semaines, quand une des Céline nous a annoncé s’être inscrite à la course. Vous m’accompagnez, les filles ? Et les deux autres Céline de répondre un oui franc et massif. Ce n’est qu’après que j’ai réfléchi. Je reprenais tout juste le running après deux mois et demi d’arrêt. Et je n’avais jamais couru une aussi longue distance. C’était loin d’être gagné cette histoire !

Alors avec l’autre Céline, on s’est entraînées, parfois toutes les deux, parfois chacune de son côté. L’avantage, c’est que c’est ma voisine d’en face, alors pour s’organiser une petite séance au débotté, c’est pratique. Un petit détail qui a son importance… on court au même rythme, et ça c’est drôlement pratique aussi.

C’est ainsi qu’au bout de dix jours, nous faisions nos premiers 10kms en free style dans la campagne avoisinante. Rassurées quant à notre capacité à tenir la distance, on a continué à s’entraîner doucement, au rythme de deux ou trois sorties par semaine. Et puis le fameux dimanche est arrivé.

Je peux vous dire que dès la veille, on n’en menait pas trop large. Un mini entraînement le samedi soir, un bon petit déj le dimanche matin, un plat de pâtes à midi, et zou, dossard accroché au tshirt et running aux pieds, on a rejoint le stade de Kercado, à Vannes, un peu avant 13 heures. Des navettes nous attendaient pour emmener les valeureux coureurs au point de départ, à 10kms de là. On est parties sous une pluie battante, on était un peu dépitées je dois dire, et nos compagnons de dossard aussi. La navette remontant le parcours que nous allions faire en courant dans l’autre sens une heure plus tard, chacun y allait de son petit commentaire : “là, tu vas voir, la montée du Vincin, on va en ch…”, “là c’est un faux plat, il est interminable, tu vas voir, on va en ch… aussi”.

Le temps d’arriver à Arradon, j’avais le trouillomètre à 72 000 (merci les commentaires flippants), il pleuvait de plus en plus fort, j’ai commencé à me demander ce que je fichais là. Heureusement que j’avais mes copines avec moi, sans elles je crois bien que je restais dans la navette. Mais non, on a pris notre courage à deux mains (ou à six, c’est selon), on est descendu et on a couru se mettre à l’abri (et faire la queue pour aller aux toilettes, 4 WC pour 1100 coureurs, c’était du sport avant le sport)

La pluie a fini par s’arrêter, et le soleil s’est pointé juste un peu avant le départ. Alors on s’est échauffées doucement, et on a rejoint la ligne de départ. Pas complètement devant avec les forcenés du chrono, mais pas complètement derrière non plus histoire d’avoir quand même un peu de monde derrière nous… Et là, on a attendu les dernières minutes avant le coup de feu, perdues au milieu d’une foule de plus en plus compacte. Mon Dieu, mais qu’allait-on faire dans cette galère, franchement ?

Avant le départ. La foule.
(la trouille)

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Et puis, enfin, le coup de feu donnant le signal du départ. Comme un seul homme, on a commencé à trottiner. Une des Céline a pris la tête, et l’autre et moi on est restées bien sagement derrière elle, façon queue leu leu, histoire de ne pas de se perdre. C’est qu’il y avait du monde, un peu de bousculade, quelques bourrins voulant à tout prix passer. Heureusement, la foule s’est assez rapidement dispersée, et très vite on a pu courir à notre aise.

Km1. Il est arrivé très vite, celui-là. On était dans une petite montée, ça faisait à peine 6 minutes et quelques qu’on était parties, on venait tout juste de se mettre les trois côte à côte. Ça se passait pas trop mal. Quand tout à coup, un mec nous a doublé. En marchant. Oui, le gars marchait, et nous a laissé sur place. C’est à dire qu’il marchait plus vite que nous courrions. N’est-ce pas totalement déprimant ? Nous, on a décidé d’en rire. Pas trop, hein, histoire de ne pas perdre notre souffle, mais quand même.

Km2. Une grande ligne droite, après une première montée. Rien à signaler, si ce n’est que sur notre droite, loiiiiin devant, on a vu les premiers de la course sortir d’un virage. Loiiiiiin, vraiment trèèès loin devant. Si je n’avais pas eu peur de perdre mon souffle (encore), je leur aurais bien crié de nous attendre. Mais j’ai préféré garder mon souffle (je crois que je l’ai quand même crié, pour faire rire les copines)

Km3. Bon, là, j’avoue, ça commençait à être un peu difficile… Ça faisait près de 20 minutes que l’on courrait, entraînées par les autres on a un peu forcé le rythme, et cela commençait à se faire sentir. Les mollets tiraient, il faisait chaud. Une des Céline avait un point de côté. Alors on a décidé de ralentir un peu. On a rejoint la route principale, il commençait à y avoir un peu de monde sur le bas côté…

Km4. Aïe, là je peine franchement. Heureusement, ça descend un peu. On essaye d’allonger la foulée, Céline tente de gérer son point de côté. Deux dames jouent de l’accordéon sur le bord de la route, les gens nous encouragent, c’est motivant. Certains s’étonnent de nous voir si rouges déjà… Non mais j’aimerais vous y voir, moi ! Heureusement, le point de ravitaillement arrive : je me rince la bouche, et me verse le reste de la bouteille d’eau sur la tête. Ça fait du bien !!

Km5. Fini de rigoler, les gars, la fameuse côte du Vincin se dresse devant nous. Les gens crient des encouragements, il y a même des musiciens qui s’en donnent à cœur joie sur une estrade. On se motive toutes les trois. On va y arriver ! Perso, moi ma technique, c’est je regarde mes pieds, et j’avance, un pas après l’autre. Basique. Mais efficace. Ça passe vite, finalement, et plutôt bien. C’est l’avantage de s’entraîner dans notre bled de campagne, les dénivelés, on a l’habitude.

(et hop, le Vincin, ça s’est fait)

Km6. Après la côte, le faux plat qui n’en finit pas. Allez, on ne lâche rien. Pfiou, c’est dur. C’est vraiment dur. Surtout que lorsque tu crois que tu arrives au bout, eh bien non, il y a une petite boucle supplémentaire (dans un parking, non mais quelle idée à la noix) qui te rajoute quelques centaines de mètres en plus. Rhaaaa, j’en peux plus !!

Km7. Damned, ça fait 45 minutes qu’on court. On se motive comme on peut en se disant qu’on a fait le plus dur et qu’on a presque fini. Malgré tout la distance qui reste à parcourir me semble insurmontable. Surtout que sur cette portion, il y a moins de gens pour nous encourager… Allez les Céline, on s’accroche.

Km8. On passe devant mon ancienne maison. Moi qui n’ai pas beaucoup parlé depuis le départ, je me mets à raconter ma laïfe. C’est une technique un peu bizarre, mais chez moi ça fonctionne pas trop mal : en parlant, je régule ma respiration, mais surtout ça fait passer le temps ! Mais je ne tiens pas longtemps. Ça monte, ça descend, j’ai les jambes de plus en plus lourdes. Pourtant on nous a dit que les deux derniers kilomètres, on se sentait porté par la foule. Heu, ben pas vraiment… REMBOURSAY !

Km9. Le plus difficile, et de loin. Je ne me sens pas du tout pousser des ailes, c’est le moins que l’on puisse dire. Les gens nous encouragent, mais ça ne suffit plus. Pourtant, c’est dans la tête, tout ça. Une dernière montée, je suis à la peine mais les Céline ne semblent pas faiblir, elles commencent même à me distancer. Attendez-moi ! Ça ne suffit pas, je ralentis, me mets à marcher trois pas. Rha, c’est trop con, je ne vais quand même pas lâcher si près du but ! C’est dans la tête, je vous dis. Alors je me remets à courir, et je rejoins les Céline qui m’attendent à quelques mètres. C’est reparti. Dernière ligne droite, on entre dans le stade. Et là, on les voit. On les entend. Nos chéris, nos enfants. Qui nous attendent au niveau de la ligne d’arrivée. Avec des banderoles. Et ils crient : “Céline ! Céline ! Céline !”. Ça y est, je les sens pousser, mes ailes, elles sont là. On enclenche le turbo, on double le trio de filles en tshirt roses que l’on suivait depuis le départ. On fonce, on fonce, le sourire aux lèvres.

Km10. Et puis enfin, la ligne d’arrivée que l’on franchit ensemble, toutes les trois. Bordel, on a réussi. On a terminé. On l’a fait. Ensemble. En 1h08. Quelle fierté, les amis, quelle fierté !

Après, eh bien, ce n’est que du plaisir. À l’état brut. Les endorphines font leur boulot. Retrouver nos familles, raconter notre course, mordre dans des quartiers d’orange, descendre un litre d’eau fraîche, se féliciter, encore et encore. Les crampes dans les jambes, on ne les sent presque pas, plus rien ne compte que le bonheur d’avoir couru entre copines et d’avoir relevé le challenge.

L’arrivée au stade de Kercado (plus que 400m !)
(on vient de repérer notre comité d’accueil)

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La ligne d’arrivée !! (parties ensemble, arrivées ensemble !)

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Le super comité d’accueil

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(moi, rouge ? c’est l’émotion ^__^)

D’ailleurs, dans l’euphorie, on a décidé de remettre ça… C’est décidé, On va courir toutes les trois la Vannetaise le 13 octobre prochain (6 kms) et les Foulées du Golfe le dimanche d’après (10 kms). C’est clair, là je crois qu’on a chopé le virus de la course !

 

Pierre qui roule...
Le plein d'énergie (ma MoodBox Napolitain)

47 Commentaires

  1. Mon homme a moi il a couru le marathon de Paris l’an dernier et même s’il a vraiment eu du mal, j’étais trop fière de lui car il est allé jusqu’au bout avec ces 4 potes dont une fille.!! Trop admirative de cette pugnacité que vous avez, vous, les coureurs!! Moi je ne peux tout simplement pas 🙁 encore avaler quelques kilomètres sur mon vélo, why not? Mais en courant ah non!! La ou tu as raison c’est que si tu commences à goûter à la course en compet´ t’ es bonne pour devenir accro à l’adrénaline que ça provoque, accrois en mon expérience d’épouse de coureur!! Chouette occupation du dimanche en tout cas!! Félicitations les Celines

    • :dot: Ah, le marathon, j’en rêve ! Mais ça ne sera pas pour de suite… déjà si on arrive à faire le semi l’année prochaine (ou dans 2 ans), ça sera déjà pas mal ! 😉 Bravo à lui !

  2. Bravo, vous êtes trop fortes ! ( et tu n’es pas si rouge que ça, moi je suis pire après juste un coup de fil passé à la prefecture !)
    J’avoue que ça me bluffe cette course, je pense que j’en serais bien incapable …

    • :dot: Je ne l’aurais pas cru non plus quand j’ai commencé à courir, il y a 3 ans et demi… mais petit à petit, on progresse, et ça c’est chouette ! J’ai surtout de la chance d’avoir des copines du même niveau que moi pour courir avec, on se motive les unes les autres !

  3. Mais tellement bravo ! C’est dans ma liste des choses à faire en 2013, je les ai fait souvent ces 10 kms ce dernier mois mais une course, une vraie pour me surpasser d’avantage, je dois absolument en faire une.
    Bravo encore <3

  4. Quelle expérience formidable ça doit être ! Aller au bout de ses limites et tenir bon même quand on sent que son corps lâche…Félicitations à ce trio de Céline. Ton billet est vraiment motivant pour moi car un de mes challenges de cette rentrée est de me mettre au running. J’avoue que pour le moment je souffre et que chaque (courte) séance me courbature tellement que je me demande si j’y retournerai le lendemain. Mais quand je lis ton billet, ça me donne envie de ne pas abandonner. Et qui sait peut-être que je me lancerai dans une course un de ces jours ! Et super le comité d’accueil dis-donc !

    • :dot: Non, ne lâche pas, surtout si tu en as envie ! J’ai commencé par courir des toutes petites distances, en ayant l’impression de mourir à chaque fois ! Mais petit à petit, on progresse !

  5. barbara (suisse) Répondre

    bravissime!!
    je vous admires…j’aimerai commencer à courir…pour l’instant je reste sour la marche en vitesse…j’ai vraiment pas de resistence, moi et puis je devien tou-de-suite comme un poivron rouge rouge rouge…(et tout-le-monde demande -ça va? fatiguée?- ahhh…)
    bonne et belle journée de cette belle fin d’été 🙂

    • :dot: La marche, c’est chouette aussi ! Le principal c’est de se faire plaisir… et de prendre l’air, pfiou, ça vide la tête, c’est magique !

  6. Félicitations … ton résumé de course me fait repenser à ma 1ere course … et depuis je cours 3 fois par semaine depuis 2 ans.
    L’ambiance des courses est magique !!
    Un petit conseil quand c’est dur physiquement et mentalement : “se mettre dans sa bulle”
    Un second conseil (car c’est ma journée 😉 ) : attention au départ à ne pas prendre le rythme de ses voisins … malheureusement c’est ce que tu as fait, et tu l’as payé au 3ème kilo.

    Mais au fur et à mesure de tes courses, tu apprendras …

    • :dot: C’est clair, on a tendance à partir trop vite, même en y faisant gaffe ! À un moment, c’était impressionnant, on entendait une seule foulée alors qu’on était des centaines !

  7. Tu m’as fais pleurer a la fin, j’imaginais vos familles vous encourager, bam les larmes sont arrivées 😉 En tout cas bravo encore les filles!

    • :dot: Tu as vu mon sourire de ravie de la crèche ? C’est le double effet course + comité d’accueil, j’en avais mal aux pommettes à force de sourire ! C’était trop chouette ! 😀

  8. C’est chouette de nous faire vivre la course de l’intérieur. Mais je crois que je n’aurai jamais le virus de la course. Les rares fois où j’ai tenté, j’ai cru que mon cœur allait sortir de ma poitrine, et n’ai pas eu le courage d’attendre mesdames les endorphines. Pourtant ça donne envie comme tu le racontes : la convivialité, la compèt, les copines, l’entraide, le dépassement de soi…

    • :dot: Ahem, les endorphines, ça met du temps à arriver, et encore, elles ne sont pas toujours au rendez-vous. C’est pour ça que c’est bien de courir accompagnée, on se motive… Mais la course, c’est encore autre chose, entre les autres coureurs, les gens qui t’encouragent sur le bord de la route, ta famille qui t’attend à l’arrivée, c’est un vrai shoot puissance mille !

  9. MissCoquelicot Répondre

    Bravo !!! et merci pour cette course vécue km par km !! quelle tenacité vous avez eu !! ca m’encourage, moi qui teste la Parisienne dimanche pour la 1er fois (6 km)

    • :dot: Go go go ! et bonne course ! ça va être top ! (la Parisienne, c’est comme la Vannetaise, c’est une ambiance encore plus spéciale, on est que des femmes, toutes en rose, et on court pour la bonne cause, il y a vachement d’émotion… c’est top !)

  10. Sev (norvège) Répondre

    experience inverse pour moi, après ma première course de 10km, je me suis dit “plus jamais” c’est l’heure perdue d’une facon la plus c**** de ma vie!
    Les endomorphines m’ont abandonné sur ce coup là.

    je en cours que pour m’entraîner, que pour le plaisir d’avoir le coup d’endomorphines lors du coup de sifflet final au bout de 80min de rugby 🙂

  11. Nan mais ce sourire de toutes tes dents sur la photo où on te voit seule ! Au fur et à mesure de ta description, km par km, j’en ai été toute émue, et tu as bien failli me faire pleurer à la fin 😀 Quel accueil, c’est génial d’avoir réussi le challenge. Je me remets tout doucement à la course, pas par esprit de compétition (que je n’ai pas) mais ça vide bien la tête et ça motive à se dépasser. Bravo en tout cas à votre équipe, j’ai l’impression de me revoir au Tout Rennes Court il y a 2 ans, on pense qu’on ne va jamais arriver au bout, et on est tellement fière après ! D’ailleurs ça me rappelle ton précédent billet sur la Vannetaise…

  12. Quelle courageuseS (oui j’ai failli oublier le s :))
    Perso, je cherche toujours quelqu’un pour courir avec moi… En attendant, le sport c’est à la maison 🙂
    Mais j’admire ce coup de tête qui est une pure réussite 🙂

  13. Bravoooooooooooooo !!!! Et ça y est, tu es lancée !!! L’année prochaine : Auray-Vannes ! On se voit à la Vannetaise… moi je marche …!

  14. Et bien moi, je suis admirative !

    Je suis bien incapable d’aligner quelques foulées et en plus, je déteste ça …

    Alors 10 km ?

    Moi je dis chapeau !

    Et quand on voit ton sourire sur la ligne d’arrivée, ça donnerait presque envie de se mettre à courir (presque j’ai dit ;-))

  15. Bravissimo ma jolie !! En plus trop superbe à l’arrivée . Moi il me tarde de re-courir , alors … Le semi dans deux ans … Ça pourra peut être le faire ensemble ?!
    Bisous ma championne !

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  17. mdr pour le marcheur, j’en ai un chez moi et j’arrive à le suivre en vélos :-/ en même temps je n’essaye pas de courir.
    Toutes mes félicitations je reste admiratif faire 10km avec presque pas d’entrainement c’est super.
    bon courage pour les suivantes.

  18. Bravo les Céline! je me joindrais bien à vous un de ces jours … un Marathon de Paris d’ici quelques années?! je m’entraine de mon côté!

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