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les vacances c’est fatigant

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Pour les beaux yeux d’un breton d’adoption, j’ai quitté en 1997 ma Toulouse bien aimée, la ville de mon enfance et de mes études, et pour des diverses raisons, je n’y avais pas mis les pieds depuis 2 ans. Je me suis si bien acclimatée à ma verte campagne et mon bord de mer iodé que je m’accommodais parfaitement de cette absence.

Que je croyais !

 

Berlin, 9 novembre 1989. Il y a tout juste 20 ans, sous mes yeux ébahis, le Mur de la Honte s’effondrait en direct, là, à la télévision. Je me souviens de mes larmes de joie et du coup de fil hystérique passé à mes amies S et K, mes comparses de cours d’Allemand LV1. Nous n’en croyions pas nos yeux. Dire que le printemps précédent, nous étions sous les miradors, le long d’une obscure frontière barbelée au nord de Hambourg, à frissonner en regardant de l’autre côté, la terrifiante RDA. Un vent d’espoir et de liberté a soufflé dans le salon familial, ce soir-là. J’aurais donné mon jeans neige et mon blouson Chipie pour m’en échapper et aller festoyer sur les rues berlinoises, au milieu des étudiants des deux Allemagne.

 

J’aime ces dernières journées estivales qui précèdent le rush de la rentrée. Des journées entre deux eaux. Le soleil, fidèle au poste, offre une lumière particulière, plus douce, comme déjà nostalgique. L’air est vif et changeant. Le Golfe se vide peu à peu de ses touristes, et nous profitons plus que jamais des plages quasi désertiques.

 

L’été, pour notre famille loin des nôtres, c’est un peu la grande transhumance autoroutière. Et vas-y que je te traverse la France du nord au sud, de l’ouest à l’est, et en sens inverse. Rien que cette année, nous avons comptabilisé 4000 kilomètres en un peu moins de 3 semaines, nos vacances commençant en beauté avec un Bretagne-Aubagne d’une traite. 1100 kilomètres, onze heures de bagnole d’une traite, et sous les orages s’il vous plaît.

Sur le chemin qui nous ramène du Jura vers la Bretagne, nous avons fait une halte près de Tours. C’est dans cette campagne dorée par le soleil et peu vallonnée, loin du cliché de carte postale, que nos amis ont élu domicile il y a une dizaine d’années, en reprenant à leur compte une exploitation agricole. Leur ferme est une belle grande bâtisse en pierre, posée au milieu d’une bonne dizaine d’hectares de champs et de prairies. Ils auraient pu y créer un golf, ils ont préféré faire pousser des céréales, et élever des moutons. Des tas de moutons.

Ah les repas d’été dehors, quel bonheur… dans le jardin de mes beaux parents, sous l’ombre du pommier, nous n’avons pas boudé notre plaisir. Seule ombre au tableau quasi idyllique de nos agapes champêtres, l’invasion systématique de guêpes !

Attirées par les sucs de viande grillée, pas les fromages odorants, par les fruits bien mûrs, elles sont venues nous embêter par groupe de cinq ou six, à chaque fois. Et pour s’en débarrasser, chacun a sa technique. Si personne n’a osé faire comme mon grand-père, qui les attaquait vaillamment au coûteau, risquant d’éborgner son voisin ou de rendre fou furieux l’insecte qu’il ratait sans faillir, certains ont des méthodes plus ou moins efficaces.

Les cartes postales, passage obligé des vacanciers qui partent hors de chez eux…

 

Cette année, Petitou sait écrire, impossible de couper à cette sacro-sainte tradition épistolaire. Fier comme un bar tabac, le voilà qui s’applique, tirant un petit bout de langue concentré, le stylo agrippé par une main encore un peu malhabile, recopiant mot à mot le brouillon qu’il a dicté à son papa.

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