La semaine dernière, c’est la première fois que je me payais le luxe d’avoir des lunettes de soleil adaptées à ma vue. Enfin, je veux dire, c’est la première fois que je sortais ma carte bleue chez un opticien. Il faut bien un début à tout ! Non pas qu’avant je braquais les présentoirs de lunettes avec un mi-bas collé sur la tête et que je sortais en courant par la vitrine, pas du tout, non mais pour qui vous me prenez ? Non, moi j’ai passé une bonne partie de mon enfance dans l’arrière-boutique d’un opticien de grand talent, oui, j’ai nommé mon papa (il me lit, alors j’en rajoute une couche).

Des heures et des heures à contempler les nouveaux modèles, à essayer de vieux rogatons bien moches en pouffant de rire, à jouer à empiler les bannettes des clients, à trier les cordons de lunettes (ceux en micro perles colorées, kitsch à souhait, mes préférés !), à observer les clients, à rêver de jouer à la marchande. A supplier mon père de m’offrir une nouvelle paire de solaires. A désespérer de décrocher systématiquement un 10/10 à chaque œil à chacune de mes visites chez l’ophtalmo. Bien plus tard, même après avoir quitté le nid familial, c’est toujours mon papa qui se chargeait de mes commandes spéciales. J’écumais les boutiques et le net, je lui envoyais les références, et hop, au détour d’une visite familiale ou grâce à la magie du colissimo rembourré, j’avais nouvelle monture à mon nez.

Mardi 7 avril, pavillon Baltard à Nogent sur Marne, mes copines et moi piaffons d’impatience devant l’entrée des VIP. Le grand kiosque de fer dresse ses hautes verrières devant nous, il y a déjà un peu de monde, 2h avant le début du premier prime de la Nouvelle Star 2009. Le bus des familles des candidats arrive, les pancartes fleurissent un peu partout, la foule se presse aux grilles. En véritables touristes, Dom trimballe sa lourde valise, Camille porte le pique-nique et moi j’ai les pieds en feu d’avoir couru dans Paris toute l’après-midi.

Oui, oui, oui, je sais, j’ai déserté les rangs du blog depuis 3 jours, c’est pas bien du tout ! Mais sachez que j’ai tout plein de bonnes excuses : j’ai passé la fin de mon week-end et une bonne partie de mon lundi à finir de boucler mon premier contrat (plus de cinquante articles à pondre en un mois, un truc de malade, mais yes, I can do it !) et aujourd’hui, je suis dans le train direction…

Alors, comment vous dire…

Bon, OK, j’ai toujours trouvé que ma petite louloute dansait bien, qu’elle avait de la grâce et beaucoup de peps. Mais avouez que côté objectivité, on fait mieux qu’une maman aveuglée par son amour pour sa fille. J’attendais donc avec impatience ce fameux concours de danse, pour avoir justement une idée un peu plus précise du talent supposé de la chair de ma chair. Et puis après l’avoir vue sur scène aujourd’hui, je me suis dit que je m’en fichais un peu finalement. Elle avait beaucoup travaillé avant, bien dansé pendant, elle avait progressé, gagné en assurance et pris du plaisir, c’est tout ce qui comptait, après tout.

Ça, c’est ce que je croyais…

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