On peut être mère de famille, bloggueuse sage et citoyenne respectueuse des lois et se retrouver propulsée, l’espace d’un instant, dans la peau d’une cambrioleuse de haut vol. Si, si, je vous assure.
J’ai bien peur de devoir me rendre à l’évidence : mes cordes vocales sont plus fragiles que je ne le pensais. Car perdre la voix après une fête de plusieurs jours semble devenir une (mauvaise) habitude…
Comme pour nos 10 ans de mariage, après 2 jours de fête, d’éclats de rire, de danses endiablées (et une nuit blanche qui n’a rien arrangé), me voilà le sifflet coupé. Les 2 fêtes ont eu lieu au même endroit… hasard ? coïncidence ? un truc dans l’air ?? (MrChéri pense que c’est plutôt dans le verre, moi je dis qu’il a l’esprit drôlement mal tourné)
Avec MrChéri, on en rêvait.
Depuis des mois, poser ne serait-ce qu’un orteil sur le parquet de l’étage des enfants relevait du pur exploit (ou de la pure inconscience, au choix). Au fil du temps, le gentil petit bazar d’enfants a viré au gros bordel insupportable. Il y a un moment où tu ne sais pas pourquoi, ni comment, tu franchis une sorte de frontière invisible, et tu as beau ranger régulièrement, c’est de pire en pire. Un peu comme si le tonneau des Danaïdes s’était renversé sur le sol.
Samedi dernier, au mariage de nos amis… une magnifique journée ensoleillée, de l’amour, de l’amitié, de l’émotion à foison, du champagne aussi. Avec ce qu’il faut de petits fours pour ne pas trop tanguer sur mes talons hauts et rester digne dans ma belle robe.
Je n’ai pas reçu qu’un nouvel APN et un palmier pour mon anniversaire, mes amis m’ont également offert un big moule à gâteau en forme de puzzle. En silicone orange casimir super sympa, je n’avais qu’une hâte, tester la bête, histoire de revendiquer haut et fort mon statut de reine des gâteaux rigolos. Je n’ai pas eu à attendre longtemps, nous avions des potes pour dîner samedi dernier, je voulais bricoler un dessert vite fait bien fait, et pour épater mes invités, quoi de mieux qu’un gâteau maintes fois réussi, mais sous une forme un peu plus originale que d’habitude.
La semaine dernière, c’est la première fois que je me payais le luxe d’avoir des lunettes de soleil adaptées à ma vue. Enfin, je veux dire, c’est la première fois que je sortais ma carte bleue chez un opticien. Il faut bien un début à tout ! Non pas qu’avant je braquais les présentoirs de lunettes avec un mi-bas collé sur la tête et que je sortais en courant par la vitrine, pas du tout, non mais pour qui vous me prenez ? Non, moi j’ai passé une bonne partie de mon enfance dans l’arrière-boutique d’un opticien de grand talent, oui, j’ai nommé mon papa (il me lit, alors j’en rajoute une couche).
Des heures et des heures à contempler les nouveaux modèles, à essayer de vieux rogatons bien moches en pouffant de rire, à jouer à empiler les bannettes des clients, à trier les cordons de lunettes (ceux en micro perles colorées, kitsch à souhait, mes préférés !), à observer les clients, à rêver de jouer à la marchande. A supplier mon père de m’offrir une nouvelle paire de solaires. A désespérer de décrocher systématiquement un 10/10 à chaque œil à chacune de mes visites chez l’ophtalmo. Bien plus tard, même après avoir quitté le nid familial, c’est toujours mon papa qui se chargeait de mes commandes spéciales. J’écumais les boutiques et le net, je lui envoyais les références, et hop, au détour d’une visite familiale ou grâce à la magie du colissimo rembourré, j’avais nouvelle monture à mon nez.
Il a été pris un peu de court, alors il n’est pas très content… il s’attendait à rentrer chez lui et prendre son goûter,…