S’il y a bien une chose que 2020 nous aura appris, c’est qu’on ne peut rien planifier avec certitude, et que tout peut changer à tout instant. Je pense souvent à Théu, cet incroyable guide thaïlandais qui nous avait accompagné dans le nord de la Thaïlande avec Juliette en 2014. Il nous avait à l’époque beaucoup parlé d’impermanence. À l’époque je ne comprenais pas forcément ce que c’était. Depuis mars, je l’expérimente chaque jour.

La semaine dernière, Mamzelle a vu son année Erasmus en Slovaquie brusquement interrompue. Comme son frère cet été avant elle, c’est la fin d’un rêve, et une grande déception. Tout est allé si vite : après une semaine seulement de cours, un début de nouvelle vie dans le dortoir international de la fac de Bratislava, les mauvaises nouvelles se sont enchaînées : interdiction aux étudiants de sortir du pays (à quelques exceptions près), puis fermeture des universités et cours en distanciel. Puis la fermeture annoncée des dortoirs. Il lui a alors fallu prendre les bonnes décisions, peser le pour et le contre. Rester sur place voulait dire trouver un hébergement bien plus onéreux, se contenter des cours à distance, ne pas pouvoir se déplacer dans le pays et dans les pays limitrophes encore ouverts. Pas de stages à l’hôpital.

Ou alors rentrer, réintégrer la fac de Brest, avec un mois de cours à rattraper, car le programme n’est pas le même. Un moindre mal car les étudiants en médecine qui partent en Erasmus savent qu’ils vont prendre du retard sur le programme français qu’il faudra rattraper en rentrant, mais là ce n’était plus compensé par tous les bons côtés d’une année à l’étranger : les rencontres, les voyages, la découverte d’une nouvelle culture, parler anglais en quasi continu…

La décision n’a pas été facile à prendre pour elle, et c’est la voix de la raison qui a parlé. Elle est donc rentrée ce week-end, la valise lourde et le cœur bien plus. Nous sommes contents de la retrouver, mais tellement, tellement déçus pour elle. La suite ne s’annonce pas simple, il va falloir lui trouver un logement à Brest, revoir une nouvelle fois notre budget, et plein d’autres petites tracasseries administratives. Mais bon, c’est comme ça, et surtout, on va faire comme depuis juillet dernier : une chose après l’autre !

La vie a continué bon an mal an durant ces deux semaines assez difficiles moralement. Il y a eu l’anniversaire de MrChéri, notre anniversaire de mariage, les anniversaires des copains du Bono et l’anniversaire surprise de notre ami M.

Et puis MonLoup a participé au festival Plages de Danse sur la presqu’île de Rhuys. Un festival que l’on aime particulièrement, auquel sa sœur et lui ont déjà participé il y a 2 ans. Reporté du printemps dernier, et heureusement maintenu car entièrement à l’extérieur, c’était l’occasion pour notre jeune danseur et ses copains de danser de nouveau en public. Et pour nous spectateurs, quelle émotion ! (notamment quand ils ont dansé leurs impromptus devant l’EHPAD de Sarzeau, c’était tellement touchant !!)

Il y a eu aussi de la couture, des bons moments passés entre amis, de nouvelles perspectives de travail. Que cette année est étrange, contrastée et excitante à la fois. C’est comme si tout était plus intense. Alors c’est fatigant, certes, mes nuits sont souvent chaotiques, mais on est vivant, et c’est bien là l’essentiel !

À très vite les amis !

Couture - ma blouse en Liberty Nolwenn
#41 - breaking news

12 Commentaires

  1. Courage à Mamzelle, j’imagine sa déception :/

    Tu sais que je pense souvent à Théu et à l’impermanence ? 🙂 Pendant mon cancer ça m’a énormément aidée ! De me dire qu’on faisait partie d’un tout, que tout était toujours en mouvement, que rien ne dure jamais. Quel guide incroyable et quel voyage !

    • Comme ça m’émeut de lire que tu y penses toujours aussi et que cela t’a aidé à traverser cette période si dure ! Oh oui, il a été si marquant ce voyage, et cette rencontre !! Je t’embrasse bien bien fort !!

  2. Je pense bien fort à tes grands petits… (ça leur fait une belle jambe je sais… mais bon, l’énergie toutça toutça). Comme je te l’a disais sous IG, mon cœur se serre pour tous ses jeunes qui font leurs études ou se lancent sur le marché du travail dans les conditions actuelles. Je leur envoie toute la force du monde.

    • Merci beaucoup Gabrielle, je suis sensible à ces histoires d’énergie, d’intentions, alors je prends avec plaisir toutes tes bonne sondes. Oui c’est terrible pour cette génération ce qui est en train de se passer. Les répercussions sont partout, à tous les niveaux, et ils prennent cher. On a connu mieux comme “débuts dans la vie” !

  3. Si jamais ça peut dépanner Mamzelle :
    Ma soeur habite à une quinzaine de km de Brest.
    Si elle a besoin d’un point de chute pour quelques jours/semaines, fais moi signe.
    Plein de courage à elle.

    • C’est hyper gentil, merci beaucoup ! Pour l’instant ça va, elle a une solution de dépannage sur place mais il va falloir trouver rapidement quelque chose. Elle est actuellement sur une recherche de colocation à 2 ou à 3, dans le centre de Brest car elle n’a pas de voiture. Si tu entends parler de quelque chose qui correspond ? Mille mercis en tout cas pour ta proposition, ça me touche beaucoup !

  4. Karoll-Presqu’ilienne Répondre

    Si 2020 nous a appris une chose, c’est bien à improviser, encore et toujours… Alors certes c’est souvent déstabilisant, voire rageant, mais je me dis aussi que pour les + jeunes ce sera peut-être finalement une chance que de savoir s’adapter en toutes circonstances. J’imagine la déception de ta grande fille, mais je suis sûre qu’elle va rebondir, et que ce n’est que partie remise… Et s’il y a un point positif, c’est que vous pourrez passer Noël tous ensemble 😉

    • Oui, j’espère qu’il en ressortira du bon, au final (ça c’est mon côté optimiste 😉 ) Et tu as raison, on est heureux de l’avoir avec nous !! Merci 🙂

  5. Courage à votre fille, pas facile en ce moment, je me fais beaucoup de soucis pour nos enfants et petits enfants. Nous vivons une drôle d’année. Bonne journée à vous.

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