bouquet

Un aller-retour Bretagne / Toulouse entre mardi et mercredi, 1500 kilomètres, 14h de route en 36h, autant dire que nos adieux à ma grand-mère n’ont pas été de tout repos. Mais je ne les aurais manqué pour rien au monde, même si la journée a été infiniment plus difficile que ce que je pensais. Toujours cette histoire de cœur, de raison qui s’ignore, tout ça… On a beau fanfaronner dans sa tête qu’on est une grande fille raisonnable, que c’était inéluctable, voire même un soulagement, lorsqu’on se retrouve face à une si petite boîte de bois, entourée de ceux que l’on aime mais qui se sentent tout aussi démunis que nous, c’est dur, très dur.

J’aimerais ne garder de cette journée que le souvenir de nos retrouvailles, de nos baisers, de ces brassées de soutien et de réconfort, de ces beaux visages que les années d’absence ont si peu changés. J’aimerais ne me souvenir que des mots doux, de cette douceur et de cette paix. De ces fleurs qu’elle aimait tant, de ce soleil éclatant, du calme de la Garonne coulant paisiblement à nos pieds. Oublier les larmes, les mains qui tremblent, la voix qui se brise, le coeur pris dans un étau, cette impression d’étouffer.

Ce n’est qu’une question de temps, je le sais. Tout bientôt, comme pour Mamisa, je regarderai les photos de Suzanne, je penserai à elle, et il ne restera que joie, tendresse et émotion, et le souvenir de son doux sourire me réchauffera le coeur.

mamiesuzanne

Brèves de chantier #4
32 septembre

27 Commentaires

  1. Au mois de Janvier, je n’ai pu dire au revoir a ma mamy, j’en ai souffert, j’ai eu du mal a faire le deuil (encore maintenant c’est dur), mais quand je passe devant la photo de mariage de mes grands parents, je ne peux m’empecher de sourire et d’entendre leur patois morbihannais. Ma maman me dit toujours “Ne meure que les gens a qui l’on ne pense pas”…. Je t’embrasse

  2. Quand je pense (souvent) à ma Mamie, décédée en février l’année dernière, l’émotion est encore vive, la relation grand-parent à petit-enfant c’est particulier et ça nous renvoie obligatoirement à l’enfance. Mais avec le temps, reviennent de jolis souvenirs, des petites choses qu’on avait oubliées, des impressions qui nous sont propres, et que les autres membres de la famille n’ont pas forcément. Et tout ça fait que l’être ne part pas vraiment… Bon courage.

  3. Je suis de tout coeur avec toi.
    Tes mots m’ont fait couler qq larmes, puissent t’elles se joindre aux tiennes pour te soulager un peu…

  4. La lectrice de l'ombre Répondre

    Même si c’est difficile, je crois que c’est important de faire ce dernier adieu à celui ou celle que l’on a aimé
    Bon courage

  5. Très jolies photos….très beau témoignange……que d’émotions!!! Je suis de tout coeur avec toi!

  6. Ma mamie était partie déjà depuis 3 ans en maison de retraire … Je ne la voyais plus trop… Elle était loin. J’ai toujours été reconnaissante à Dieu (ou je ne sais qui) qu’elle ait encore toute sa tête jusqu’à la fin. On lui rendait visite dès qu’on le pouvait, et elle nous reconnaissait encore. Mais pour moi c’est comme si elle était déjà partie…
    Jusqu’à ce jour… J’avais 20 ans c’était le premier enterrement de ma vie. Et le cercueil, et les larmes… Je crois que je ne me suis jamais sentie aussi vide, et mal.
    Bon courage dans cette épreuve. Comme tu le dis si bien, arrive un jour où on arrive à regarder leur photo sans cette même tristesse, cette chape de plomb qui s’abat le jour du dernier au revoir…

  7. J’ai les larmes aux yeux … C’est tellement beau … Ca me fait penser à mon papa, parti trop tôt, il y a 4 ans …
    Heureusement, il arrive un jour où on peut penser à ceux qui nous ont quitté, sans être submergé par la tristesse … Il reste alors le souvenir des bons moments …
    Bon courage, miss.

  8. MissCoquelicot Répondre

    Ma mamie a 90 ans, j’étais avec elle le we dernier, sa disparition un jour me plongera dans un chagrin sans nom. Je te souhaite bcp de courage. On pense toutes bien fort à toi.

  9. Moi aussi j’ai perdu ma mamie, ça fait 5 ans …
    En lisant ton message, tout est remonté …
    Tu décrits très bien ce que l’on ressent dans ces moment là, d’ailleurs c’est avec de grosses larmes sur les joues que je t’embrasse et souhaite beaucoup de courage.

    Bientôt tout ira mieux car les gens que l’on aime ne disparaissent jamais … ils sont toujours là avec toi au fond de ton cœur.

    Grosses pensées à toi et toute ta famille.

  10. Il faut du temps pour se faire à l’idée qu’une personne chère n’est plus là…
    Encore aujourd’hui, 9 mois plus tard, ma mamie est dans toutes mes pensées pourtant je n’étais pas spécialement proche d’elle.
    Bisous

  11. moi je ne connais pas l’amour d’une grand mère, partis trop tôts et méconnues pour moi, une que j’ai jamais vu si ce n’est en photo: mon papa était orphelin à l’age de 7 ans et celle de ma maman elle est partie quand j’avais une 20eine d’années, et je l’avais rencontré que trois fois dans ma vie!

    Mais j’imagine comme ça doit être douloureux cette perte pour toi et les tiens !

    bises réconfortantes!

  12. Martine Estran-Krauß Répondre

    Bonjour Celine,

    ce matin j’ai découvert par le mail de ma soeur votre blog et entre autre je viens de lire votre message sur la vie de votre mamie. Rien qu’en lisant le début de votre histoire ce matin l’émotion était vive et mes joues aussi mouillées, comme celles de bcp de vos lectrices apparemment, car aujourd’hui à 48 ans il y a bientôt dix ans fin octobre que j’ai bercé pdt 5 heures autrefois mon mari, pour le soulager de sa peine de me laisser avec nos deux très jeunes enfants..et voici plus de 5 ans pareil d’Allemagne j’avais pu courrir encore au chevet de mon papa, qui alors 3 jours après mon arrivée en France avait encore dans son coma attendu ma visite avec ma mére et ma soeur ainée, pour que ce soit encore moi qui le prenne dans mes bras, lui caresse les joues et lui donne un bisou sur le front, comme votre mamy, lui soufflant que nous étions toutes les trois à son chevet et qu’il pouvait partir en paix et que nous l’aimions.
    Le moment de son départ, comme pour mon jeune mari de 39 ans, fut moins dramatique que le moment des retrouvailles devant le cercueil. C’est pourquoi je comprends si bien et ressens si bien votre désarroi. Avec le temps le chagrin va s’amenuiser et vous ne garderez que les bons moments, forts et vivants. C’est aussi ce que je me dis pour ma maman, bien loin de mois en France. Elle a eu 78 ans le 22 Septembre et j’étais tellement prise par mon boulot que j’ai oublié de l appeler le matin vers 7h30 car ensuite je ne peux plus la joindre dans sa maison de retraite où elle vit depuis le décés de notre papa, car elle aussi elle souffre depuis plus de 10 ans de la malade de Alzheimer. Papa a pendant des années caché la situation à tout le monde mais mes soeurs et moi trouvions aussi ses pertes de mémoire pas normale, ah cela fait déjá plus de 10 ans qu’elle avait les premiers signes avant-coureurs. Depuis le décés de papa sa maladie en a pris un bon coup, vu le choc de devoir quitter son appartement et de vivre avec d’autres personnes. Elle n’a pas remarqué que je ne l’ai pas appelée pour son anniversaire car elle ne se souvient plus des choses qu’elle a faites il y a 10 minutes! Ma maman aussi avant était une superbe cuisinière et femme de maison, qui aimait recevoir et passer du temps dans sa cuisine pour gâter tout son monde. Cet amour de la cuisine, elle l’a offert à ma soeur jumelle, qui a ouvert voici plus de deux ans un atelier culinaire à Saint-Etienne et elle aussi elle a son blog de cuisine. Le vôtre est formidable, je viens de le découvrir grâve au mail de ma soeur ainée Chantal (qui vous a aussi écrit d’ailleurs) et pour terminer ce message je voulais vous remercier mille fois pour votre blog, que je vais désormais régulièrement ouvrir pour y aller me promener pdt mes rares moments de détente, comme le fait Chantal, elle m’a dit y avoir découvert tout plein de choses merveilleuses grâce à vous.
    Vous semblez être la jeune femme que chaque autre femme aimerait avoir pour amie!
    Je vous présente ici toutes mes condoléances et partage vraiment votre chagrin.

    Bisous
    Martine
    d’Allemagne

  13. Mes pensées étaient avec toi mercredi et quand tu parles de la Garonne du soleil des fleurs c’est comme si je m’y retrouvais sur ces berges arpentées tant d’après-midis à vélo il y a de cela bien longtemps! Je te souhaite que l’étau desserre ton coeur et celui des tiens doucement mais sûrement et bientôt tu pourras peut-être raconter à tes trois bouts de chou tous ces beaux moments partagés avec ta mamie. Sois courageuse et sache que nous sommes nombreuses et nombreux à penser à toi et à ta famille.

  14. Bisous à toi Shalima.

    J’aurais bien aimé avoir autant d’émotion lors de mon dernier adieu à la seule grand-mère que j’ai connue… Mais elle n’était pas une grand-maman aimante, elle n’a pas su aimer ni se faire aimer vraiment.
    Je te promets que même si c’est très difficile sur le moment, l’émotion que tu as vécue est très belle (et vaut bien mieux que ce que nous avons ressenti mes soeurs et moi).

    Bisous.

  15. C’est peut être ça le plus dur, se dire que c’est vraiment fini, comme ça du jour au lendemain, qu’on ne les verra plus jamais.
    J’avouerai qu’au bout d’un mois j’ai beaucoup de mal à tomber sur une photo sans avoir mal, trop mal… En plus du vide que crée la mort, l’enterrement en crée en second, surtout en cas d’incinération, même le corps n’existe plus, il n’y a vraiment plus rien, rien que le souvenir.. Alors qu’est ce qu’il y a après..?
    Et je constate avec votre témoignage que même avec une dizaine d’années de plus ça fait toujours aussi mal…
    Courage à vous et à tout votre entourage.

  16. Poulette De La Loich' Répondre

    Bisous et bon week end quand même .. profite bien de tes p’tits loups et de Mr Ton chéri !

  17. Très joli texte, très émouvant!
    Tout a été dit, il faut laisser le temps au temps.

    Des pensées!

  18. L’enterrement d’un proche, c’est toujours perturbant ; d’un côté nous sommes affublés de la plus atroce douleur morale, mais d’un autre, on est si content de revoir toutes ces personnes perdues de vue depuis (trop) longtemps.
    si seulement on n’avait pas besoin de drame pour nous retrouver…

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