A korrigand-land, nous traversons actuellement une sacrée zone de turbulence couplée à un séisme de magnitude 10 sur l’échelle de Richter (qui n’en contient pourtant que 9). L’origine de ce tohu-bohu ? Un petit blondinet de 2 ans qui a décidé d’incarner à la perfection le fameux concept du terribeul two.
En vieux briscards de la petite enfance, nous devrions pourtant avoir l’habitude et ne pas nous laisser facilement impressionner. On n’est pas prêts d’oublier Mamzelle et ses crises pour ne jamais se coucher, jamais (ni le jour, ni le soir, jusqu’à ce que mort ce qu’épuisement s’en suive). Ni Petitou et ses colères mutantes à s’en faire péter les cordes vocales, heureusement assez brèves et relativement faciles à isoler et à détourner.
Se fait-on trop vieux ? Ou alors notre petit dernier est-il particulièrement déchaîné ? Je ne saurais dire, mais force est de constater que cette crise-là est particulièrement hard, et met nos nerfs (enfin, surtout les miens) à rude épreuve. Un bref aperçu du trajet à l’école hier matin illustre parfaitement bien la situation, le reste de la journée étant, bien évidemment, à l’avenant :
8h30 : Mamzelle et Petitou sont sur sur les starting block devant la porte, dûment chaussés, en manteau et le cartable sur le dos. Miniloup est encore en chaussettes, les yeux rivés sur les Zouzous. Je profite de la présence de ma mère pour le laisser au chaud sur le canapé.
8h32 : S’apercevant de notre départ imminent, Miniloup hurle qu’il veut nous accompagner, va chercher ses chaussures en trépignant, les jette à mes pieds et se plante devant la porte.
8h33 : En soupirant, je lui enfile donc ses chaussures et vais chercher son manteau.
8h34 : Miniloup refuse de le mettre. Il fait 2°c dehors, et il pleut. Je ne cède pas. Au moment où je décide de finalement le laisser en compagnie de sa grand-mère, il obtempère de mauvaise grâce, sans cesser de hurler et de gesticuler.
8h37 : Nous sommes en retard, plus question de partir à pied. De toute façon c’est le déluge maintenant. J’embarque ma chouineuse marmaille dans la voiture et m’escrime à boucler les ceintures des sièges auto.
8h42 : Enfin à l’école, je cours sous la flotte avec Miniloup dans les bras et Petitou accroché à mon manteau. Mamzelle file vivre sa vie avec ses copines sous le préau.
8h43 : Miniloup tape un scandale car j’ai l’outrecuidance de le reposer à terre pour aider son frère à enlever son manteau, l’accrocher à sa patère et enfiler ses chaussons. Il s’accroche désespérément à mon pantalon, entravant le moindre de mes pas, indifférent au regard amusé des autres parents, de l’instit et de l’ATSEM (je serais elles, je ne rigolerai pas trop, dans quelques mois elles y auront droit elles aussi)
8h44 : Miniloup refuse de dire aurevoir à Petitou. Miniloup refuse que Petitou lui fasse un bisou. Miniloup m’invective en langage chubaka parce que j’embrasse Petitou et lui souhaite une bonne journée (lui) (parce que pour moi, vu comme c’est parti, c’est pas gagné)
8h45 : Arrivés au milieu de la cour, Miniloup gigote comme un forcené pour descendre de mes bras. Il veut faire un bisou à son frère finalement. Je réfléchis 2 secondes. Et je cède. Retour dans la classe. Bisou. Auwoaw Petitou. Mon coeur fond devant cette attendrissante scène d’amour fraternel.
8h47 : Sur le parking, combat de catch dans le siège auto, le retour. J’en ressors vainqueur par KO, mais de justesse.
8h55 : Nous revoilà à la maison. Miniloup est tout sourire devant sa grand-mère, comme si jamais rien ne s’était passé. Moi j’ai juste envie de me recoucher…
Allez, c’est quand que mon bébé d’amour arrête de pleurnicher, râler et se braquer pour tout, pour rien, pour n’importe quoi et son contraire ?