ma vie de free-leance

En septembre dernier, je vous annonçais mon nouveau job, un poste de salariée à plein temps, en CDI, dans une agence web tout près de chez moi. Sur le papier, c’était le job parfait, et je vous expliquais les raisons de ce changement de vie.

• des débuts difficiles…

Les premiers temps n’ont pas été faciles, c’était un vrai gros changement, à tous les niveaux, personnel et professionnel, qui plus est à un moment charnière de notre vie de famille, où les choses bougeaient également beaucoup. Très rapidement, j’ai senti que quelque chose coinçait, et que mon adaptation à ce nouveau statut n’allait pas être aussi simple que je le pensais. Je me souviendrai toujours de ce déjeuner avec mes amies, peu de temps après mes débuts à l’agence, où je suis arrivée toute guillerette, et où je me suis effondrée en larmes, sans prévenir, au bout de deux minutes.

Sur le moment, je n’ai pas compris ma réaction. J’avais été très bien accueillie à l’agence, j’accrochais bien avec mes collègues, les projets étaient intéressants, j’apprenais plein de choses, et je pouvais partager mon expérience acquise lors des années précédentes. Je ressentais pourtant un malaise diffus que je n’arrivais pas à identifier clairement. Je me suis dit que c’était sans doute normal, qu’il me fallait un peu de temps pour m’habituer à ce nouveau rythme, faire le deuil de mon ancienne activité. Le changement était quand même énorme. Alors je me suis accrochée du plus fort que j’ai pu, et je me suis lancée à corps perdu dans le boulot. Ce fichu malaise ne disparaissait pas pour autant, mais je me suis donné deux mois – le temps de ma période d’essai – pour m’adapter et prendre ma décision.

• la prise de conscience

Au bout de ces deux mois, j’étais plus perdue que jamais. C’étaient les montagnes russes émotionnelles H24 dans mon cerveau, je me sentais mal en permanence, au bureau mais aussi à la maison. Je ne m’épanouissais pas dans ce job beaucoup trop sédentaire pour moi, j’étais frustrée, d’autant plus que je continuais à recevoir des propositions de travail et de voyages que j’ai dû toutes décliner. J’ai alors demandé à prolonger ma période d’essai et j’ai entamé des séances de coaching avec mon amie Olivia pour faire le point sur mes besoins, mes envies, mes valeurs, et me sentir enfin mieux. Au bout d’un mois, ma décision était prise, j’en ai rapidement informé ma boss afin qu’elle puisse se retourner et me trouver un.e remplaçant.e. D’un commun accord, j’ai travaillé jusqu’au 31 décembre, soit un mois supplémentaire afin d’assurer pleinement la transition.

Ce mois m’a été très utile pour avancer dans ma réflexion et peaufiner mes projets. Et au 1er janvier 2019, j’ai repris avec joie mon statut de freelance ! Mon départ de l’agence s’est bien passé, j’ai d’ailleurs quitté mes collègues avec pas mal d’émotion, ça c’est mon petit côté cœur d’artichaut…

• et maintenant ?

Depuis janvier, c’est tout bête, mais je revis. Vraiment. J’ai retrouvé un rythme, un enthousiasme et une motivation que j’avais perdus l’année dernière. J’ai donc recommencé à travailler à mon compte, sur le blog et ailleurs, j’ai même effectué quelques missions freelance pour mon ancienne boîte, et j’ai recommencé à voyager. J’ai troqué la sécurité financière et une certaine stabilité pour une vie plus en accord avec mes goûts et mes valeurs.

Pour autant, je ne regrette pas une seule seconde ces quatre mois passés en agence. Ils m’ont beaucoup appris sur moi-même, j’ai rencontré des personnes bienveillantes, intéressantes et inspirantes. J’ai pu prendre pleinement conscience de mon besoin vital d’exprimer chaque jour ma créativité et de me challenger en permanence sur des projets divers, et dans des univers différents. Ne pas savoir de quoi demain sera fait, cela m’angoissera toujours un peu, je crois mais c’est ce qui me fait avancer au quotidien, et me rend tout simplement… vivante.

 

• mes projets

Je continue les séances de coaching avec Olivia, et cela porte ses fruits. Je suis plus à même de définir ce que je veux faire et avec qui je veux travailler. Je fourmille d’idées, et certaines sont déjà en bonne voie d’aboutir, d’autres non mais c’est le jeu. Je m’amuse des nombreuses synchronicités que je constate après nos séances, j’ai cette impression très agréable de mener ma barque comme je l’entends, et que cela fonctionne. Une sorte d’état de grâce qui je l’espère, et je fais tout pour, durera le plus longtemps possible.

Voilà, vous savez tout, ou presque… J’ai reçu beaucoup beaucoup de questions sur les raisons de mon retour au freelance en ce début d’année, j’espère avoir pu y répondre. N’hésitez si ce n’est pas le cas, ou si vous en avez d’autres, les commentaires ci-dessous sont faits pour ça, vous pouvez même me contacter par mail si vous ne souhaitez pas que nos échanges soient affichés sur le blog.

(Attention n’oubliez pas que je ne suis pas spécialiste du sujet, je ne fais que partager avec vous mon cheminement personnel et mes propres expériences, mes tâtonnements, mes avancées, mes erreurs. Je serais bien en mal de vous faire un comparatif exhaustif Freelance VS Salariat, et encore moins de vous conseiller sur une marche à suivre !)

35 Commentaires

  1. Je suis freelance depuis 12 ans et à chaque fois que j’ai accepté de me sedentariser j’avais un sentiment atroce de corde au cou et l’envie de fuir à tout prix. Aujourd’hui je continue de trouver que la vie de freelance et ses incertitudes à 40 ans passés, c’est un peu jouer avec le feu, mais il me semble clair que le salariat n’est pas pour moi. J’aimerais avoir le meilleur des 2 mondes mais ça ne marche pas comme ça. La vie de freelance on l’a dans la peau… ou pas. C’est comme l’amour: rien n’est parfait mais il y a des évidences…

    • C’est dingue, je pourrai écrire mot pour mot la même chose… Mille mercis pour ton commentaire. Avoir le meilleur des deux mondes ce n’est pas possible, en effet, alors autant être alignée avec ses valeurs et ses goûts 🙂

  2. Merci pour ce retour fort intéressant ! Je suis en pleine réflexion quant à ma vie professionnelle et même si nous ne sommes pas du tout dans la même situation, ton cheminement aide au mien. Ce que je vois c’est qu’il faut prendre les choses à bras le corps. Allez au boulot !! Merci encore

    • Oui, il faut regarder les choses comme elles sont, sans jugement, prendre le temps de bien y réfléchir, et pourquoi pas se faire aider ?

  3. je ne savais pas que tu étais revenu au freelance mais à te dire vrai, ça ne m’étonne pas du tout… je te souhaite de retrouver tes marques et de t’épanouir !!! bisous de loin mais je suis là

  4. L’essentiel est que tu sois bien dans tes baskets. Ce qui est bien, c’est que tu as tenté le coup. Comme cela tu n’as pas de regrets à avoir.
    Bisous et j espère qu’on repartira bientôt ensemble ??

    • C’est tout à fait ça, je n’ai aucun regret, bien au contraire, j’ai “grandi” et c’est très précieux. J’espère aussi qu’on repartira ensemble, nos voyages font partie de mes meilleurs souvenirs de l’année 2018 ! ?

  5. Ton expérience me rappelle celle que j’ai vécu il y a quelques années, mais dans le sens inverse. J’avais un CDI, un poste assez intéressant mais j’éprouvais le besoin d’un peu plus d’accomplissement. Je me suis alors mise à mon compte et c’était un désastre, mais prenant le côté positif de la chose, çà a été la confirmation que je ne suis pas faite pour l’auto-entreprenariat. Je suis donc très vite revenue à un emploi en entreprise et j’ai eu assez de bonnes expériences. Aujourd’hui, j’ai encore envie d’autre chose mais je me tâte sur les orientations à prendre ! En tout cas, çà a été une bonne chose d’avoir tout de suite pris la décision d’arrêter et de ne pas se laisser engluer dans une situation qui ne convenait pas ! Gros bisous.

    • Merci pour ton témoignage, il est différent du mien, mais finalement ils ont pas mal de points en commun. C’est super de tester des choses, c’est comme ça qu’on apprend le mieux sur ce qui nous convient, et sur ce qu’on est, finalement… On m’a demandé de faire un “pour ou contre le salariat / le freelance” mais c’est tellement propre à chacun, on ne recherche pas tous les mêmes choses, on n’a pas tous les mêmes aspirations, et on n’en est pas tous au même cheminement…

  6. Pas forcément surprise de ce retour et ravie de te retrouver plus fréquemment mais, surtout contente pour toi, pour vous que tu puisses faire ce que tu aimes et qui je pense te correspond

  7. Je te comprends tellement ! Après 5 ans de freelance à 100%, je ne me vois absolument pas retourner dans le salariat… Même si j’ai un semblant de “vie de salariée” avec mon statut de formatrice, à côté de ça je choisis mes clients, je travaille à mon rythme, je garde mes enfants s’ils sont malades, je profite d’eux et je travaille parfois en décalé… Et surtout, je peux assouvir ma passion / mon besoin de voyage, en travaillant de n’importe où à condition d’avoir une connexion Internet ! Mais je comprends aussi que certains aient besoin de stabilité, il n’y a pas de décision parfaite, à chacun de trouver son rythme, son mode de vie et sa propre stabilité ! Je t’embrasse.

    • C’est tellement ça… et quand on y arrive, c’est vraiment chouette ! Ton parcours est super inspirant, je trouve… Je t’embrasse aussi !!

  8. Je te sens beaucoup plus épanouie depuis que tu as retrouvé “ta liberté” et je comprends parfaitement ta décision. Enjoy et hâte de découvrir de nouveaux billets !
    Des bises
    Cécilia

    • Merci Cécilia, je ne sais pas si cela se sent mais en tout cas c’est quelque chose que je ressens très fort… et ça fait beaucoup de bien ! 🙂

  9. Je suis très heureuse de savoir que ce retour à “la routine” est ce qui te convient le mieux et je me réjouis de pouvoir te lire davantage par ici. Je trouve très chouette le fait que tu te sois laissée tenter par l’expérience en agence mais encore plus chouette le fait que tu saches t’écouter et te laisser guider par ton ressenti.
    Le statut freelance n’est pas forcément pour moi mais je me reconnais assez dans cette idée de suivre son instinct. Chez moi aussi des changements sont aussi à l’horizon (encore!) 😉

    • Ohlala, j’ai hâte que tu me racontes ça ! Je te fais signe quand je reviens à Brest, début mai pour le concours !

  10. C’est chouette que tu te sentes bien !
    Je n’ai jamais été free lance mais la souplesse qu’offre le statut m’aurait sans doute convenu (cela dit, je suis une anxieuse). Je ne me vois pas changer de sitôt, d’autant que j’aimerais que nous puissions acheter un jour en appart dans notre banlieue parisienne (sécurité, sécurité !) mais tout ça ne tombe pas pour autant dans l’oreille d’une sourde 😉
    Bonne fin de semaine !

  11. Très intéressant.
    J’imagine très bien ton désarroi lors de ce déjeuner.
    Je suis free-lance depuis 20 ans, soit 95 % de ma carrière !
    J’ai eu plusieurs propositions de salariats, et parfois même avec du télétravail, mais… mais… ce désarroi, ce malaise que tu évoques m’a pris à la gorge dès la proposition, dès l’évocation de me retrouver dans un bureau (pourtant avec des équipes sympa avec lesquelles je travaille quasiment au quotidien)… J’ai assimilé cette angoisse à la peur de perdre ma liberté au quotidien. Cette liberté est au cœur de mon système : elle me permet d’organiser mes journées comme je l’entends (ou presque hein, il faut bien que je rendre mes boulots et plutôt à l’heure c’est mieux !) et notamment de voyager comme je l’entends, en général en emmenant avec moi ordi et boulot mais en adaptant mon quotidien à mon rythme… Le matin au boulot, l’après-midi à la plage ou en balade et le soir encore un peu de boulot.
    Et je crois que c’est ce qui compte le plus pour moi.
    Après je râle parfois parce que j’accepte des missions qui ne me plaisent pas trop mais qui sont rémunératrices… mais bon se sont des compromis professionnels, pour l’heure je ne sais pas faire autrement.
    Merci en tout cas pour ce retour d’expérience que l’on sent très sincère.

    • Merci à toi Fanchette pour ton témoignage qui me parle beaucoup, tu t’en doutes, et me rassure aussi 🙂 C’est cette sédentarité qui m’a le plus pesé, je dois dire, je revis depuis que je sais que chaque jour sera différent et que je peux aller où bon me semble, à moi de m’organiser pour faire le job ! Je t’embrasse !

  12. Coucou,
    Je suis contente pour toi que tu te sentes mieux professionnellement et donc aussi personnellement. Tu as bien fait de suivre ton instinct et de faire ce qui te correspond !
    Je te souhaite donc encore plus de réussite ! 😉
    Bises

    • Merci ! J’ai été aidée et soutenue par mon entourage, aussi, j’en parle peu dans l’article, mais c’est une réalité qui m’a beaucoup portée 🙂

  13. Ahhhh j’attendais que tu racontes cette expérience 🙂

    J’aurais une question que j’espère pas trop indiscrète mais concrètement, comment tu peux gérer un budget famille/maison avec ce type de job ? Je suis personnellement salariée mais j’étouffe et à la rentrée je prends un temps partiel pour pouvoir me lancer en professionnelle (à 65% dans un premier temps et si ca marche à mi-temps) … Mais du coup je me demande comment gérer les finances au quotidien ! Si tu as des astuces je suis preneuse 🙂

    Belle journée,
    Florence.

    • Coucou florence,
      Je me permets de te filer un tuyau qu’on m’a donné au début de mon activité et qui m’a beaucoup aidé et structuré à mes débuts :
      Toujours avoir 3 mois d’avance (je précise que j’étais seule et que j’assurais donc tous les revenus du foyer – je ne pouvais pas me planter !) :
      Répartis ainsi :
      1/3 (équivalent à un mois de revenu) déjà fait : ça veux dire mission finie, en attente de paiement dans le mois suivant
      1/3 en cours de finalisation : contrat signés, mission en cours à rendre dans le mois à suivre pour paiement dans les 2 mois
      1/3 de contacts assez avancés pour garantir le travail du mois à venir pour paiement dans 3 mois.
      C’est-à-dire anticiper, toujours toujours. et bosser d’arrache pied pour conserver cette avance.
      Et bien sûr : mettre l’argent de côté dès que possible pour les trimestres difficiles ou les mauvais payeurs !
      Au début, je fonctionnais avec des tableaux où étaient notées chaque mission et son échéancier.
      Bon courage.

      • Merci Fanchette pour ce tuyau hyper utile ! Pour ma part, j’ai la chance – et j’en suis consciente – d’avoir un mari salarié avec un job très stable, ça aide !

  14. Tu as eu raison d’écouter tes envies. Au final trop peu de gens le font uniquement par peur de l’inconnu. Mais c’est justement cet inconnu (parfois cool parfois moins cool) qui vient casser la routine, qui nous rend plus fort et qui parfois nous fait saisir des opportunités nous ne pourrions potentiellement jamais avoir en étant salarié. Puis quand on a goûté une fois a l’entrepreneuriat, dur dur de ne pas replonger dedans ?.Bonne chance pour tes nouvelles aventures!

    • Merci beaucoup ! Oui il faut avoir l’impulsion, le courage, pour se lancer, mais c’est tellement positif ensuite que je pense que le jeu en vaut vraiment la chandelle… en tout cas pour moi il n’y a pas photo ! 🙂

  15. Hello

    Merci pour ce retour. J’ai eu plaisir à te lire et c’est très enrichissant. On passe par des phases inconfortables dans la vie et ce n’est pas toujours simple de trouver la cause. Une fois identifiée, c’est chouette d’avoir une solution. Et puis tu as l’opportunité de faire de belles rencontres, voyages et découvertes qui sont autant de promesses d’épanouissement et de partage.
    Bonne journée

    • Merci Delphine, oui c’est effectivement ce qui me fait avancer dans la vie et qui m’épanouit pleinement 🙂 Je te souhaite une belle journée également – et tout plein de belles choses dans ta vie !

  16. Bravo pour ce changement de cap !! Comme je te comprends, le salariat me grignote, et ce d’autant plus depuis que j’ai des enfants… je crois que c’est le rythme imposé ? le manque de temps en tous cas, pour sûr, et oui, le fait de pas pouvoir faire les choses ou profiter des miens à mon rythme ! Je suis justement en plein questionnement existentiel, j’ai quitté mon travail et suis en pleine réflexion sur ce que je veux à l’avenir ; bon absence totale d’un quelconque talent oblige le freelance risque d’être un tantinet compliqué pour ma part, mais j’adorerais… Il n’empêche que je me pose une question : je ne sais pas exactement tout ce que tu fais au quotidien, mais concrètement comment gagnes tu ta vie, sur quoi gagnes tu des sous tous les mois ? ce n’est pas du tout une question piège et tu sais quoi ? Je vais pose la même à Marjo ! 🙂
    En tous cas bravo pour ce retour aux sources et plein de bonnes choses !!! 🙂

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