(J’ai écrit ces quelques lignes il y a un an, que j’ai complétées ces derniers jours. Attention, ce texte parle de grossesse non désirée et d’avortement, ne les lisez pas si vous êtes sensibles sur le sujet)

Mars 2021.

Je suis enceinte. J’ai 46 ans le mois prochain, mon chéri fêtera ses 50 ans en septembre, et il aura suffit d’un seul rapport non protégé en 25 ans pour que cela nous arrive.

Je regarde le bâtonnet en plastique d’un œil incrédule. Je vérifie une fois, deux fois, dix fois… deux traits, ça veut bien dire ce que ça veut dire ? Ce n’est pas possible, je dois être mal réveillée. Je vérifie encore.

Les statistiques étaient pourtant de notre côté. Dès le lendemain de notre rapport, je me suis renseignée : après 45 ans, les chances (les risques ?) de tomber enceinte sont de 1%… après un an d’essai ! Il nous aura donc fallu d’une seule fois pour faire péter les scores. La vie est une sacrée farceuse.

J’ai pourtant eu une fausse joie il y a 10 jours, quelques saignements à la date théorique de retour de mes règles. Saignements légers qui n’ont duré que 24h… et qui ont repris 4 jours après, toujours très sporadiques, mais bien là. Et un SPM bien présent (tensions dans le bas du ventre, seins douloureux…) Au bout d’une semaine de ce rythme un peu étrange, j’en ai eu marre de me prendre la tête, de faire et refaire mes calculs et de scruter le calendrier. Hier, j’ai demandé à mon chéri de passer à la pharmacie en sortant du boulot pour acheter un test. Ce même test que j’ai entre les mains, assise sur mes toilettes à 9h du matin.

J’appelle mon chéri. Il est aussi incrédule que moi. On en a parlé avant, et on est d’accord, ni lui ni moi ne voulons d’un 4ème enfant. Ce temps est passé, notre âge aussi. Ma dernière grossesse remonte à plus de 16 ans. Nos trois enfants, désormais grands, on les voulait, ils étaient désirés plus que tout, on les a eus, et on a refermé le chapitre il y a bien longtemps déjà. Je me souviens qu’à la naissance de notre petit dernier, j’avais à peine 30 ans, mais je savais. Je savais que ce serait le dernier. On était au complet. Je n’ai même pas eu à faire le deuil du désir d’enfant, je n’en avais tout simplement plus aucune envie. C’était clair. Autour de moi tout le monde me disait que j’étais encore jeune, alors je me disais que peut-être ce désir reviendrait avant mes quarante ans, comme une dernière piqûre de rappel ? Mais non, jamais, pas même un léger frétillement des ovaires. J’ai envisagé la ligature des trompes à 42 ans, mais devant le peu d’enthousiasme de mon gynéco, je n’ai pas eu le courage d’insister, de me battre. Si j’avais su ! C’est comme pour la vasectomie, j’en parle régulièrement à mon chéri, des copains autour de nous l’ont fait, mais il n’est pas chaud du tout, et je n’insiste pas, c’est son corps.

Tout comme mon corps m’appartient, à moi. J’ai d’ailleurs arrêté la contraception la veille de mes 45 ans. J’estimais, et j’estime toujours avoir fait plus que largement ma part dans ce domaine, depuis mes 18 ans, avec pas mal de galères à la clé (perte de libido et prise de poids avec la pilule, hémorragies dingues avec le stérilet en cuivre, rejet de mon stérilet hormonal au bout de 3 ans…) Désormais c’est à monsieur de gérer. Et il le fait. Jusqu’à cette seule et unique fois où emportés par notre élan, je n’ai pas eu envie qu’on s’arrête pour qu’il sorte un préservatif du tiroir de la table de nuit. Où je lui ai dit « t’inquiète, à notre âge, il n’y a aucun risque… »

C’était il y a 4 semaines. Je suis enceinte de 4 semaines.

Mon chéri est toujours dans l’action, devant ma sidération il me propose d’appeler notre médecin, et de gérer la prise de rendez-vous. Celui-ci nous libère un créneau à midi, après ses consultations. À partir de là tout s’enchaîne très vite. On est dans les temps pour une IVG médicamenteuse, c’est la solution que l’on retient. Notre médecin nous explique en détail toute la procédure, mon chéri pose plein de questions, moi un peu moins car j’ai déjà beaucoup lu sur le sujet. J’entends petit grain de riz, grossesse à risque, certainement non évolutive. Les mots volent au dessus de ma tête. Je suis très au clair avec ma décision, notre décision. Je n’ai aucun doute, je suis sûre de mon choix, de notre choix. Je réalise que je n’ai même pas pleuré, ni à l’annonce du résultat, ni dans le cabinet de notre médecin. Je ne pleurerai pas non plus par la suite. Je suis étonnamment sereine.

Durant l’après-midi, je fais une prise de sang qui confirme ce que l’on savait déjà. J’ai un taux de béta HCG au max pour 4 semaines de grossesse. Nous faisons la tournée des pharmacies avec ma précieuse ordonnance pour récupérer les différents cachets.

16h30, je prends le premier. Le lendemain, le second. Ce n’est pas une partie de plaisir, loin de là, les saignements commencent, les contractions s’enchaînent. Cela va durer un paquet d’heures, et je vais bien douiller. Ce soir-là, nous sommes invités à regarder un match de rugby chez des amis. Ils sont au courant, et me seront d’un précieux soutien à certains moments vraiment douloureux. Je perds des quantités astronomiques de sang.

Et puis, au fur et à mesure des heures, puis des jours, ça se calme. J+14, il me faut faire une prise de sang pour vérifier que mon taux de Beta HCG est nul. Ce n’est pas le cas. S’il a bien chuté en 14 jours, il reste anormalement élevé. Mon médecin veut me voir de nouveau, me prescrit une prise de sang supplémentaire dans quelques jours… Ouf, celle-ci nous rassurera. Cette grossesse non désirée est terminée.

Voilà, c’était il y a un an. Avec le recul, je peux confirmer ce que je ressentais au plus profond de moi déjà le jour où j’ai fait ce fameux test. Je n’ai pas le moindre regret, je ne l’ai pas vécu comme une blessure, je suis en accord total avec ma conscience. C’est mon corps, mon choix. Je chéris plus que jamais la chance de vivre dans un pays où, malgré quelques imperfections bien-sûr, cette possibilité de choix est accordée aux femmes. C’est si précieux.

Chaque cas, chaque histoire est unique. C’est mon histoire que je raconte ici, elle n’a aucune valeur universelle, c’est un témoignage parmi tant d’autres. Je ne prône rien si ce n’est le respect de chacun.e, et de ses choix. J’espère que vous le comprendrez, et que vous le respecterez. Et je pense fort à toutes celles et ceux qui se battent pour avoir des enfants, c’est si injuste. Je pense également celles et ceux qui militent pour faire respecter nos droits, celles qui ont vécu des expériences d’IVG traumatisantes, et celles qui comme moi l’ont bien vécu mais sont peut-être jugées aujourd’hui… Le droit à l’avortement est précieux, mais comme le dit si bien Fiona Schmidt dans un de ses posts Instagram, il ne garantit pas le droit à la sérénité, malheureusement.

Merci de respecter mon témoignage, et de rester courtois dans les commentaires. Si ce n’est pas le cas, je les fermerai.

58 Commentaires

    • Courageux, je ne sais pas, mais j’en avais besoin… Peut-être que cela parlera à d’autres, et apportera un témoignage un peu différent de ce qu’on peut lire habituellement.

    • Comme ce témoignage me parle . Je savais ce qu vous étais arrivé y a un an car exactement à la même date ma fille aînée est tombée enceinte et je l’ai accompagnée exactement pour la même ivg médicamenteuse. Je vous l’avais écrit je ne sais plus pourquoi et vous m aviez confié votre secret. Ma fille (à cet instant précis où j’écris est dans les airs entre Bogota et New York puis New-York Genève pour nous retrouver demain à Genève ) ne voulait pas d’enfant , était en train de se séparer de son copain, était en pleine projet de ce voyage seule en Amérique Centrale qu’elle termine aujourd’hui après 4 mois . Elle avait pris sa décision, avec son copain de l’époque (ensemble depuis 7 ans) mûrement réfléchi, et heureuse de vivre dans un pays où les femmes ont cette chance, ce droit. Elle n’a jamais regretté. Elle vit la vie qu’elle souhaite, un enfant peut être un jour mais quand elle le voudra. Ce n’était pas le moment, elle avait des choses à vivre, des choses à se prouver (partir seule au bout du monde, être fière d elle comme elle me l’a ecrit) . Moi je n’ai pas jugé, c’était son corps, son choix . Je l’ai accompagnée, aidée par ma présence.
      Voilà un même geste que le vôtre, pour une autre femme, un autre âge , une autre histoire de vie pour chacune. Et ces gestes commun à des milliers de femmes sont fédérateurs et font que les femmes se sentent « sœurs  » de leurs « histoires de corps « malgré l hétérogénéité de leur histoire de vie. C’est un grand courage à vous d’avoir raconté cette histoire intime .

      • Merci MP, oui je me souviens très bien de notre échange l’année dernière. Je suis heureuse que votre fille ait pu avoir le choix elle aussi, et que celui-ci ait été en accord avec ce qu’elle vivait et ressentait à ce moment. Je lui souhaite une belle continuation !

  1. Très beau témoignage. Oui nous avons la chance de vivre dans un pays qui nous permet d’avoir recours à l ‘IVG, quelle que soient les raisons. Je suis tombée enceinte avec un stérilet. Je ne voulais pas de 3ème enfant à 38 ans, j’ai choisi d’avorter. A cette occasion, ma mère m’a avoué avoir fait pareil, ma tante, ma cousine ! Je souhaite que nos enfants gardent cette liberté.

    • Oui, c’est l’occasion de libérer la parole de beaucoup. Comme une histoire universelle avec une multitude de facettes, de situations, de ressentis.

      • Un beau témoignage, pas honteux du tout. Il me rappelle ma maman qui avait avorté quand j’étais ado après avoir eu 3 enfants. Elle n’en souhaitait pas d’autres. A mon âge, son choix m’avait un peu ébranlée. Je l’ai vite parfaitement compris. Je suis contente que des femmes françaises se soient battu pour ce droit des femmes à l’avortement. Les raisons peuvent être multiples mais c’est leur choix. Respectons-le.

  2. Un immense merci pour ton témoignage Céline ! C’est courageux d’avoir écrit ces mots. Ton article ne banalise pas l’avortement mais rappelle au contraire qu’il est un droit, et que nous avons cette chance aujourd’hui de pouvoir avorter (et ce n’est pas toujours un choix facile). Je me dis souvent que la décision est plus facile à prendre au fur et à mesure que l’on vieillit, mais ça reste quand même un moment très désagréable à vivre, sur le plan physique mais aussi psychique.

    En tout cas c’est une piqûre de rappel pour nous toutes : oui à + de 40 ans on est encore fertile et les précautions à prendre sont les mêmes qu’à 20 ans.

    Je t’embrasse fort,
    Anne

    • Oh oui, une sacrée piqûre de rappel, et en ce qui me concerne, cela a déclenché encore plus de réflexions sur la contraception et sa charge quasi exclusivement féminine ! Sur le plan psychique, j’étais limite à culpabiliser de ne pas culpabiliser. Lire Fiona Schnmidt m’a fait beaucoup de bien sur ce plan là. Merci Anne, je t’embrasse aussi !

  3. Très beau témoignage où l’on se retrouve toute. Ça me terrorise qu’un jour je doive revivre une interruption de grossesse. Merci Céline et je t’embrasse fort

    • Je ne le souhaite à personne, mais c’est si précieux d’en avoir la possibilité, et le droit. Je t’embrasse bien fort moi aussi !

    • Je trouve ton texte très intéressant sur cette notion de choix.
      Avec mon compagnon nous ne voulons plus d’enfant et pourtant lorsqu’on s’est renseigné sur la vasectomie on a eu direct un refus car « trop jeune » mon compagnon avait 35 et moi 33. C’est tellement injuste sur certains points et pourtznt oui nous avons de la chance d’être dans un pays où on a le choix

      • Il y a tant de chemin encore à parcourir concernant la contraception, masculine notamment. J’espère de tout cœur que cela va évoluer rapidement, et dans le bon sens !

  4. En parler est courageux. Oui c est un droit qui appartient à chacune selon ses circonstances et contexte. Quelle chance qu il en soit ainsi dans notre pays ! Quel que soit notre âge, respectons les choix de chacune, il leur appartient.
    Je vous envoie de la douceur (on en a tous besoin).

  5. Je parlais ménopause avec ma gynéco il y a 15j : elle était étonnée que je l’attende avec impatience, apparemment la plupart des femmes la redoute. A 42 ans j’ai de plus en plus de symptômes au fil du cycle, mais je n’ai pas envie de reprendre des hormones. Donc chez moi ce n’est pas une question de contraception mais bien de fertilité qui devient pesante.
    Ma mère a fait un IVG à 46 ans aussi, mais ensuite elle était en dépression pendant plusieurs années. Elle nous en a parlé 6 ans plus tard, elle se demandait encore ce qui aurait changé dans nos vies si elle n’avait pas interrompu sa grossesse, etc….
    Même si je suis claire moi aussi dans ma tête sur le fait de ne plus vouloir d’enfant, confrontée à la situation je pense que je me poserais 1000 questions et que la sérénité serait très très loin.

    Merci pour ce témoignage.

    • Merci pour ce double témoignage, et je pense fort à ta maman, que ça a du être difficile pour elle. J’espère qu’elle va mieux maintenant.

      • Merci pour ce témoignage. Je crois que dans ce domaine chaque parole de femme est précieuse.
        Je n’ai plus la possibilité d’avoir un contraceptif pour raison de santé. Nous utilisons donc des préservatifs en attendant la vasectomie de mon mari.
        Toujours pour raison de santé on nous deconseille très fortement un petit 3ème, dont nous avons pourtant envie tous les deux.
        Sachant que pour mes deux enfants je suis tombée enceinte en un rapport, j’ai très peur de me retrouver dans ta situation et de devoir choisir entre cœur et raison. Alors on fait attention. Mais comme c’est étrange de redouter si fort quelque chose qu’on désire autant…

  6. Je te suis depuis une quinzaine d’années, je n’ai pas l’habitude de laisser des commentaires… Mais là, j’avais vraiment envie de te dire merci.
    Merci !

  7. Tu as fait le bon choix, celui de ton coeur t’a dicté. J’aurais fait le même à ta place. Les grossesses tardives inopinées ne sont pas rares d’après mon gynéco qui a évoqué le sujet lorsqu’à 45 ans, je souhaitais qu’il vire mon stérilet !

    • Oui ça arrive, et plus souvent qu’on ne l’imagine, si j’en crois tous les témoignages que j’ai reçus depuis l’année dernière ! Merci Anne.

  8. Merci tellement de rappeler que c’est un choix et qu’il ne doit pas obligatoirement être douloureux !
    A l’âge de mes premières fois, j’ai accompagné des proches qui ont pu ou n’ont pas pu y avoir recours. J’en ai retenu dès lors que c’était un droit très précieux.
    Merci pour ce beau partage.

    • Chaque histoire est unique, c’est important de respecter cela… Et oui, tu as raison, c’est un droit extrêmement précieux, et fragile malheureusement…

    • Merci pour ce témoignage précieux et intime, je suis très émue par votre courage à confier ce moment de votre vie. J’ai pu faire une stérilisation définitive avec la pose d’implants à mes 40 ans. Je souhaite que nos filles pourront continuer à choisir, en toute liberté et sécurité.

  9. Oh Céline, ton article me bouleverse. Non pas parce que je suis dans le même cas que toi mais il a remué bcp d’émotions enfouies …
    Merci d’avoir écrit cet article, il ne faut pas oublier même les moments les plus durs

  10. Ton témoignage est très important et merci de l’avoir fait.
    Pour ma part après la naissance de Justine je ne voulais plus d’enfant. Un garçon et une fille nous étions comblés.
    J’ai donc été voir mon gynécologue pour connaître les options qui pouvaient m’être proposées. A 33 ans hormis les contraceptions courantes pilules, stérilet, implants rien d’autre et aucune ne me convenait
    Il était hors de question pour moi de continuer à me bourrer d’hormones et le stérilet ne me convient pas.
    Alors monsieur a pris les choses en main et nous sommes devenu des adeptes du latex ☺️
    Jusqu’à mes 40 ans oú là je suis tombé sur un gynécologue qui m’a proposé la méthode ESSURE ce petit ressort qui bouche la trompe .
    Mon esprit était enfin libre , plus de crainte d’accident
    Il a fallut attendre mes 40 ans pour avoir une sexualité libérée de la maternité

  11. Merci pour ton témoignage aussi limpide et que sincère. L’ occasion de rappeler que l’IVG est un droit fondamental qu’il nous faut plus que jamais protéger et j’ai une pensée pour ces femmes vivant dans des pays dont la politique l’interdit.
    Plein de bises Céline,

  12. Gabrielle Blanchout - Busson Répondre

    Un témoignage d’autant plus précieux à l’heure où le droit a l’avortement est remis en cause a tellement d’endroits dans le monde 💙 je t’embrasse Céline

  13. C’est incroyable! Il y a un an je faisais une fausse couchée. Grossesse surprise à 42 ans. Mes enfants ont alors 5 ans et demi et sont arrivés après un long parcours de pma.

    A la minute où le test a viré positif j’ai voulu ce bébé de toutes mes forces…

    La vie est mal fichue… Comme tu l’as dit dans ton article.

    Comme toi j’ai souffert physiquement le martyr. Aucun médecin qui m’a suivie ne m’a donné d’anti douleur assez costaud pour ne pas ajouter de la douleur physique à ma détresse psychologique. Je trouve ça déplorable.

    Dans une situation comparable, nous avons fait des choix différents mais tout comme toi je sais la valeur de ce droit, et sais à quel point il est précieux et doit être protégé.
    C’est ce droit qui nous permet de choisir.

    Merci pour ton témoignage.

  14. Merci beaucoup pour ce témoignage. Il est important de rappeler que l avortement est un droit. Et que personne n a le droit de juger une femme .
    Pour ce qui est du poids de la prise en charge de la contraception dans le couple, j espère que les mentalités vont rapidement évoluées.
    Encore merci c est magnifiquement bien écrit.

  15. chouette_dijonnaise Répondre

    tous les choix liés au grossesse/maternité (ou parentalité) sont personnels. chacun doit etre respecté
    ton temoignage ne me choque pas du tout… et pourtant je fais partie desparents endeuillés (petite fille née sans vie il y a bientot 2 ans) qui attendent plus que tout un nouveau bébé arriver… mais chacun doit pouvoir comme il le souhaite/quand il le souhaite. il n’y a pas de bon/mauvais choix dans l’absolu… il y a des bons/mauvais choix pour chacun, avec son histoire, son vécu

  16. Bonjour Celine ,
    Merci pour ton témoignage qui permet de libérer la parole … et ça c est important !
    Le droit à l Ivg est fondamental.
    Je trouve ça bien que des femmes le disent , l écrivent ouvertement… il y a tant de tabous autour .
    Merci .

  17. Merci pour ton témoignage 🙂
    Ca rappelle que oui chacun fait ses choix et doit rester en accord avec soi même.

  18. Tu n’as pas culpabilisé car tu étais au clair avec ton choix. Avoir pu non des enfants est un choix. J’aurais adoré avoir un 3ème mais à mon âge pas question. Je retiens que ton gynéco était contre la ligature des trompes, pareil ici et je connais des tas de femmes dans ce cas. C’est tout de même fou qu’on ne prenne pas en compte notre désir.

  19. Le choc que cela a dû être…. c’est ma hantise. Je ne voudrais pour rien au monde vivre cela maintenant ( ma grande a 21ans!!!), mais si cela devait arriver, tout comme toi, je n’hésiterais pas. C’est courageux de l’avoir ( bien) raconté, et deculpabilisant. Et l’investissement de ton chéri dans  » l’affaire » est rassurant aussi ( je sais que j’aurais ça également). Merci.

  20. C’est important d’en parler car effectivement avec l’age on peut se dire t’inquiete très peu de « chance » que cela arrive et en fait, si… avoir la possibilité d’y avoir recours.
    Pour ce qui est de la ligature des trompes ou de la vasectomie, j’écoutais un podcast à ce sujet récemment c’est dingue la réticence du corps médical sur un choix qui ne devrait être que le notre et pas le leur.

  21. Je l ai vécu … j étais sous pilule pour tenter une dernière fois une contraception Parceque pas prête encore pour une ligature et tiens retard de règles .. oui sauf que j étais à 1 semaine du délai légal lorsque j ai consulté en urgence le centre … j ai eu un médecin si bienveillant qu avec l’infirmière en chef ils ont déprogrammé d autres iVG … j étais si mal pour ces femmes mais tellement soulagée .. mon corps ma décision 43 ans mais je ne le désirais pas . Cet IVG était long douloureux mais une renaissance pour moi . La première fois que je prenais une vraie decision qui me concernait. Mon mari m a suivi même si il aurait peut être aimé le garder mais porter un enfant qu on ne désire pas je ne m’en sentais pas capable .. pour lui..
    Je peux comprendre qu on soit contre c est une décision très lourde mais quelle chance d avoir le choix !! Quelques mois après j ai été ligaturée et je suis tellement mieux dans mon corps et dans ma tête aujourd’hui !! Merci pour ton témoignage, ce n est pas banal mais nous sommes si nombreuses à vivre ce type d expérience de vie … pour des tas de raison et on ne doit pas juger qu on soit pour ou contre c est une décision si personnelle .

  22. Ludivine Renouf Répondre

    Bonsoir Céline, comme ton texte me parle j’ai vécu exactement la même chose que toi il y aura 1 an en juin (le jour de l’anniversaire de mon dernier garçon !!!)
    Je ne regrette absolument pas mon choix d’avoir arrêter j’ai 40ans et mon homme 49 c’était hors de question.
    Je n’ai pas été aussi sereine car effectivement j’ai pas mal souffert aussi mais tellement rassurée d’avoir eu cette possibilité.
    Aujourd’hui je suis ligaturee car mon homme ne veut pas entendre parler de vasectomie j’ai donc à nouveau pris la décision d’enquiquiner mon corps mais encore une fois je ne regrette pas je suis à nouveau sereine et surtout libre.
    Merci pour ces mots
    Je t’embrasse
    Ludivine

  23. Merci pour ton témoignage Céline, chaque situation est unique mais elles résonnent probablement toutes un peu entre elles.

  24. Je trouve honteux que des gynécos refusent la ligature des trompes ou autre méthode définitive, je changerai (avec un petit courrier à l’ordre des médecins au passage) et j’irais voir ailleurs : https://martinwinckler.com/IMG/pdf/liste_gynecos_ligature_mars_2018_.pdf (mais j’habite à Paris et je sais qu’il y a des régions où il n’est pas facile de trouver un gynéco. A noter tout de même , les sages-femmes assurent le suivi classique sans problème et avec en général plus de respect et d’écoute – en tout cas c’est mon expérience.
    Et sinon, avoir toujours une pilule du lendemain d’avance – ça évite de devoir courir à la pharmacie (surtout que les oublis/accidents arrivent toujours un dimanche ou un jour férié!)

  25. Merci pour ce témoignage. Je n’ai jamais dû faire ce choix et aujourd’hui ma ménopause bien installée ne m’y confrontera pas.
    Mais cette semaine j’ai entendu ce qui se passait en Oklahoma au sujet de l’avortement, et peut être même ce qui dans les prochains mois pourrait s’ étendre à tous les états. Loi prise en 1973. Et 50 ans plus tard on est en train de régresser dans de nombreux pays, nos grands mères se sont battues pour nos droits mais en quelques claquements de doigts des hommes oui des hommes vont à nouveau décider de ce que nous femmes voulons.
    Alors nous devons toujours rester en alerte, pour nos filles, nos fils et leur descendance ou non.
    Notre corps nous appartient un point c’est tout.

  26. Merci pour ton texte.
    Plusieurs femmes de mon entourage ont eu recours à l’IVG, ces dernières années ou avant qu’il soit légal en France.
    Choix difficile ou évidence, le plus important c’est de conserver cette liberté. (a garder en tête pour dans 15J dans l’isoloir)

  27. Ton histoire me parle bcp. Je vais avoir bientôt 48 ans. Je suis tombé enceinte à 46 ans juste avt le covid… Le choix d’avorter s’est fait naturellement.. Avoir un enfant à mon âge n’était pas concevable.. J’ai déjà 2 merveilleux ados voulus, désirés et choyés… Mais aussi attendus avec patience. Qd j’ai souhaité devenir mère, rien n’est venu.. Des années d’attente, de souffrances.. Un parcours en pma et à la clé mes deux enfants… Alors qd j’ai découvert q j’étais enceinte naturellement et d’autant plus à 46 ans, c’était un mélange de joie et d’injustice… Comme j’ai souffert physiquement de cette épreuve mais pas de regret de l’avoir fait juste un sentiment d’amertume… Merci pour ton témoignage,

  28. Un beau témoignage de pourquoi l’IVG existe….
    Ma fille de 10 ans et une de ses amies nous ont demandé cette semaine ce qu’était l’IVG. C’est tout à fait le fond de cette histoire que j’ai tenté de leur expliquer. Aujourd’hui, les enfants ne se conçoivent pas que dans le corps mais avant tout dans la tête. C’est ce qui leur laissent une belle place dans nos existences.
    Merci de cette honnêteté dans ton témoignage.
    Ne laissons personne nous retirer ce droit.
    Pour info, je suis une ancienne pmette.
    Comme quoi galère à concevoir et respect du droit à disposer de son corps et de sa vie peuvent aller ensemble !

  29. Bonjour Céline,
    J’espère que tu vas bien. Merci pour ce très beau témoignage, sincère et intime. Mon conjoint a déjà 3 enfants adultes et nous avons eu une petite fille. J’ai toujours fait porter des préservatifs et là mon conjoint en avait marre donc il a fait une vasectomie. Elle s’est bien passée et maintenant nous sommes TRANQUILLES !
    Oui les grossesses peuvent arriver sur le (très) tard ! C’est bien de nous le rappeler. J’ai toujours espéré ne jamais avoir à avorter mais quelle chance d’avoir la possibilité de le faire !!
    Merci ENCORE !

  30. Bonjour,
    « Ce n’est pas une partie de plaisir, loin de là, les saignements commencent, les contractions s’enchaînent. Cela va durer un paquet d’heures, et je vais bien douiller. […]. Je perds des quantités astronomiques de sang. »
    Lors d’une fausse couche tardive, à l’arrivée à l’hôpital l’interne m’a expliquée que je ne devais pas être enceinte qu’il s’agissait sans doute ‘juste’ de règles abondantes…
    C’était mon corps et je savais que j’étais enceinte. Même avant les tests et les échos.

  31. Ton témoignage me touche beaucoup car l’importance du choix marche dans les deux sens. Pour mon premier bébé, j’avais arrêté la pilule « pour voir », j’étais en couple depuis 8 ans, des amies étaient enceintes… Lorsque j’ai vu que j’étais enceinte, j’ai été terrifiée et je me suis inscrite pour avorter. J’étais tellement soulagée d’avoir le choix. Puis j’ai réfléchi, parlé avec ma soeur, mon conjoint, un ami et j’ai décidé de garder le bébé la veille de l’opération. Quel chance de pouvoir choisir en son âme et conscience, que personne ne nous fasse la leçon et de ne pas être contrainte d’avoir un enfant qu’on ne veut pas.
    Maintenant à 46 ans, je ferais un choix différent. Je n’aurais vraiment plus du tout l’énergie. J’ai déjà d’ailleurs fait l’usage de la pilule du lendemain quand j’avais un doute.

  32. Hélas ! Ce choix qui doit être celui de la femme en premier lieu peut être remis en cause très vite . Voir ce qui se passe aux Etats Unis dans un certain nombre d’état et ailleurs dans le monde . Y compris dans notre pays où certains mouvements et hommes politiques ( ou femmes …. ) aimeraient faire abolir la loi qui permet aux femmes de ne plus subir une grossesse non désirée . Restons vigilantes , nous les femmes mais aussi les hommes , nos compagnons .

  33. En plein post partum, ton article m’émeut beaucoup mais je comprends plus que jamais ce qu’est vouloir ou ne pas vouloir un enfant. Ton témoignage est très utile…

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