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La vie de Mamisa - Le permis de conduire

Par Shalima • 6 juil 2008 • Catégorie: famille story, la vie de Mamisa, parfois j'écris, souvenirs souvenirs8 blablas

_blank275Ma grand-mère paternelle, Mamisa, est née en 1913 à Buenos Aires (Argentine) et a vécu toute son enfance à Rio de Janeiro (Brésil). Elle a perdu son père très jeune, sa mère s’est remariée et elle a été élevée par son beau-père. Sa demi-sœur Moune est née en 1925.

A cette époque, mon arrière grand-père par alliance était diplomate, il travaillait 3 ans à Rio puis passait ses 6 mois de vacances en Europe avec femme et enfants. La traversée de l’Atlantique se faisait sur un bateau de marchandises et durait 30 jours. Il y avait très peu de cabines 1ère classe, seules 2 ou 3 familles pouvaient loger sur ce bateau. Le voyage était ponctué d’escales exotiques : Bahia, Dakar, Casablanca… le temps était long à bord, mais Mamisa en garde un très bon souvenir, notamment grâce au Capitaine qui avait l’âme d’un poète et qui les charmait avec ses innombrables récits.

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La vie de Mamisa

Par Shalima • 8 avr 2008 • Catégorie: famille story, la vie de Mamisa, souvenirs souvenirs25 blablas

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Je ne suis absolument pas objective, je le sais, mais je dois dire que pour moi, la vie de ma Mamisa est absolument fascinante.

Ma grand-mère est née en 1913, de l’autre côté de l’Océan, à Buenos Aires (Argentine). Son papa devait être diplomate, ou quelque chose dans le genre, parce qu’elle a très vite déménagé pour vivre toute son enfance à Rio de Janeiro (Brésil). Ils avaient visiblement beaucoup d’argent, puisque, outre les nombreux bijoux qu’elle possède et nous a transmis, une des anecdotes d’enfance préférées de Mamisa est sa crise appendicite, et comment elle a été soignée - et guérie ! - au champagne, que son père faisait venir par caisses entières, en bateau, de France. Elle m’a également raconté les rares sorties au carnaval de Rio, bien à l’abri à l’arrière de la limousine décapotable. Il fallait faire attention à ce qu’on ne les attaque pas trop à coup de lance-parfum, car ça saoulait vite fait, bien fait. Et ce n’était guère convenable pour une jeune fille.

Mamisa a gardé très peu de photos de cette époque, et pour moi c’est difficile d’imaginer la vie qui était la sienne. L’image qui m’a le plus marqué, c’est cette petite fille toute vêtue de noir, à la mort de son père. Ma Mamisa avait 5 ans, et je lui ressemblais comme 2 gouttes d’eau.

Bien des années plus tard, Mamisa a traversé l’Océan, toujours en bateau, et ça a duré des semaines. Elle a débarqué avec sa maman qui s’était remariée, son beau-père et sa demi-sœur qui avait 10 ans de moins qu’elle. Je n’ai pas eu trop de détails, encore une fois, mais je sais qu’ils ont séjourné quelques temps à Marseille, dans un quartier où claquaient les coups de feu des règlements de compte de la pègre. Elle y a appris le français, qu’elle a très vite maîtrisé aussi bien que le portugais, sa langue maternelle. Quelque temps après, direction l’Afrique, avec notamment la Tunisie.

Il semblerait qu’elle ait rencontré mon grand-père lors d’une escale au Maroc, à Casablanca, et qu’elle n’en soit plus repartie. Elle a eu des enfants, s’est mariée, et y vit toujours. Mon grand-père nous a quitté il y a quinze ans, mais elle n’a nullement l’intention de “rentrer” en France : contrairement à ses enfants, petits-enfants et arrière-petits enfants, elle n’y a jamais vécu, et puis… il y fait bien trop froid !! Ma grand-mère est un sacré personnage…

J’ai conscience que j’en connais très peu sur sa vie, finalement. La semaine que je vais passer avec elle, en tête à tête, va être l’occasion pour moi d’en savoir un peu plus. Je ne vais pas hésiter à lui poser des tas et des tas de questions, avant qu’il ne soit trop tard. A 95 ans, ma Mamisa a encore toute sa tête, et beaucoup d’humour, je pense que je vais me régaler.

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