
Il y a deux ans, lorsque Dom a annoncé partir vivre au Sénégal, je lui avais fait une promesse, aller la voir là-bas, chez elle, à Dakar. Cette destination n’avait rien d’évident pour nous, notamment pour MrChéri qui n’était guère tenté par la découverte de l’Afrique. Disons qu’il avait d’autres envies pour nos prochaines vacances. Alors j’ai rusé, et pour mon anniversaire, j’ai mis tout le monde à contribution pour que mon cadeau soit un joli billet d’avion. A partir de là, il était fichu, il ne pouvait QUE m’accompagner !
Nous avons pris un vol direct de la compagnie Air Méditerranée très très tôt le vendredi matin. Qui dit direct ne veut pas forcément dire sans escale, et au lieu des 5h30 prévues au départ, nous sommes restés coincés dans ce fichu coucou pas moins de 9h d’affilée, avec juste un petit déj dans l’estomac, bénéficiant de deux escales surprises à Lyon (prévue mais pas annoncée lors de l’enregistrement) et à Agadir (pas prévue, mais il y avait trop de vent, il a fallu refaire le plein !). Les joies des vols charter ! (à ce moment-là, nous ne savions pas encore que le vol retour serait encore plus folklo. D’ailleurs, nous ne savions même pas quand nous allions rentrer)
Autant vous dire que quand nous avons posé les pieds sur le tarmac de l’aéroport de Dakar, sous un soleil de plomb et dans une chaleur de four (plus de 35°C), nous étions hyper contents d’être arrivés. Le passage de la douane s’est fait sans encombre, on a récupéré nos valises, et on est sortis à la recherche de MisterB, le chéri de Dom, venu gentiment nous chercher avec son pick up de l’espace. C’était l’heure de la prière, il n’y avait pas trop de monde sur le parking, on l’a vite repéré, et zou, il nous a embarqués. Sur le chemin de la Dom House, premier contact avec l’Afrique, ses routes défoncées, sa circulation de malade, le bruit, la poussière… mais aussi une lumière démentielle, un ciel bleu éclatant, une explosion de couleurs vives. Ballotée dans tous les sens, j’ouvrais tout grand mes yeux, impressionnée. Le dépaysement a été immédiat.
Arrivés à destination, j’ai été frappée par le contraste entre l’agitation de la rue et le havre de paix de la maison de Dom… C’en était étourdissant. La joie des retrouvailles, les embrassades, la visite des lieux, la présentation de Mamadou et Fatou, vite les maillots, la piscine, les transats. Le calme et la détente après un bien long voyage.
La fin de la journée est arrivée sans crier gare, laissant la place à une chouette soirée de papotages à bâtons rompus sur la terrasse, dans le vent tiède. Oubliée la fatigue quand il s’agit de refaire le monde !
Le lendemain matin, nous avons mis les voiles direction Saly, petite station balnéaire à 80 kms au sud de Dakar, autrement appelée la “réserve à toubabs”… Un coin hyper touristique, mais néanmoins charmant, parfait pour s’acclimater en douceur et se détendre avec nos amis. La sortie de Dakar a été un peu chaotique, il y avait beaucoup de monde sur la route, et partout, des charrettes, des moutons, la Tabaski étant toute proche (j’aurai l’occasion de vous en reparler très vite).
Après deux heures et demi de route, nous sommes arrivés à Saly. Nous avons déposé nos affaires dans la très jolie petite maison louée pour le week-end et nous avons filé illico à la plage.
La maison, enfin le jardin, avec son baobab, ses palmiers, ses bougainvillées et sa petite piscine:




La plaaaage, les cocotiers, tout ça :




Inutile de vous faire un dessin, nous avons passé deux jours au soleil, à buller et trempoter gaiment, à faire une cure de poissons grillés au bord de l’eau, un vrai bonheur.
Le dimanche soir, Dom et sa petite famille sont rentrés à Dakar, tandis que MrChéri et moi sommes allés rendre une petite visite à des amis qui possèdent une maison à Saly. Hasard du calendrier, ils étaient là-bas en même temps que nous. Nous avons passé la nuit ainsi qu’une grande partie de la journée de lundi chez eux, profitant de leur magnifique piscine et de la grande plage toute proche.



Mais nous n’avons pas fait que buller. Notre ami nous a entraînés sur le chemin des pistes, direction le port de pêche de Mbour, à quelques kilomètres de là. Je n’ai pas pris de photos tant il y avait de monde, mais la traversée du marché et du port de pêche était vraiment impressionnante : des étals partout, une foule hyper dense, et encore et toujours des moutons à tous les coins de rue attendant d’être achetés pour la Tabaski. C’était tellement le souk que nous avons préféré prendre un guide qui nous a menés dans le dédale des rues, ainsi que sur la plage où les hommes préparaient à même le sable le poisson pêché du matin. Nous en avons vraiment pris plein les mirettes. Piétiner en spartiates dans les flaques de la “halle” aux poissons restera un grand moment pour moi !
Le soir, il nous a fallu repartir vers Dakar. On pensait être plus tranquilles que le samedi matin pour rouler, mais aux abords de la ville, nous nous sommes retrouvés coincés dans des bouchons dantesques. Un truc de dingue, je n’avais jamais vu ça. Tous les ronds points étaient bloqués par… les moutons ! Les voitures se faufilaient comme elles le pouvaient, de front sur quatre files quand il n’y avait que deux voies, quand ce n’était pas à contre-sens sur les bas-côtés. Nous avons mis deux heures et demi pour parcourir les quinze derniers kilomètres, dans le noir complet, en slalomant entre les bus, les piétons, les animaux, les nids de poule. Nous avons béni le pick up de l’espace et ses gros pare-chocs, prêté par MisterB… Et j’ai personnellement loué l’inébranlable sang froid de MrChéri qui effectuait là son baptême de conduite africaine. Une expérience inoubliable !




À suivre…