Je me demande si mon petit frangibus n’est né trente ans trop tard… Tout comme lui, j’ai été bercée durant toute mon enfance par la Beatlesmania paternelle, mais depuis qu’il vit en Allemagne, il a franchi un stade supérieur dans la fan attitude. Son appartement regorge de pépites vintage tout droit sorties des brocantes et des disquaires du coin, et sa collection de bouquins sur les Fab Four est impressionnante. Passez le voir à l’improviste, et il sera ravi de vous montrer ce vinyl venu tout droit d’URSS, ou encore cette improbable version de Yellow Submarine interprétée par les non moins improbables Compagnons de la Chanson. Le Sous Marin Vert, ça s’appelle, et qui n’a jamais entendu le refrain (”nous partions dans un grand sous-marin vert, grand sous-marin vert, vert comme la mer“) manque décidément un grand moment de n’importe quoi musical.
Il n’est finalement pas étonnant que mon petit frangibus se plaise autant à Hambourg. Les Beatles y ont fait leurs débuts en 1960, et la ville en porte encore quelques glorieux vestiges, dans le quartier Reeperbahn.
J’avais super envie de découvrir tout ça avec mon chéri et ma fille, c’est donc par une belle matinée que nous avons fait notre petit pèlerinage, tout contents de marcher dans les traces du plus grand groupe de rock de tous les temps. Nous avons arpenté la Beatles Platz en bas de la Reeperbahn, pris la pose devant le StarClub, le Grosse Freiheit 36 et l’Indra Club, et canardé le Bambi Kino où les Fab Four ont dormi squatté durant trois mois. Nous avons même poussé un portail et pénétré discrétos dans une cour privée histoire d’admirer le pas de porte où a été prise la photo de l’album Rock’n Roll de John Lennon une décennie plus tard.
La dernière fois, il y a 4 ans à Vannes, nos copains avaient adoré son concert et on avait vraiment regretté de ne pas avoir pu y aller. Alors cette fois-ci, on ne voulait surtout pas le louper, et on a pris nos places en novembre, ou en décembre, je ne sais plus. Quitte à nous délocaliser jusqu’à Rennes, on allait enfin pouvoir applaudir M sur scène.
Pourtant, le jour J approchant, mon enthousiasme fondait comme neige au soleil. Quelle idée d’avoir pris des places debout dans la fosse, on n’allait rien voir. Obligés d’arriver super tôt, de faire la queue sous la pluie, non mais on n’est pas trop vieux pour ces conneries, franchement ? Zaz, du haut de son mètre cinquante cinq les bras levés, nous collait la pression, il fallait qu’on soit le plus près possible de la scène, alors on s’est tous donné rendez-vous à 18h tapantes devant les portes du Liberté (enfin, après avoir déposé nos Korrigans chez des copains, récupéré S et R chez eux, fait 1h30 de route tous les 4 à slalomer entre les bouchons pascals et les giboulées, garé la voiture en plein centre-ville, etc, etc)
Je le sentais moyen, mais en fait j’avais tort. Parce que déjà, à 18h, il n’y avait encore quasiment personne devant les portes d’entrée. Il paraît que ça ne se fait plus du tout d’arriver en avance à un concert. Autant vous dire qu’on a rarement été aussi contents d’être has-been, sur ce coup-là !
Et puis, au final, on n’a essuyé qu’une toute petite averse dans la file d’attente, de toute façon on s’en fichait, on était super équipés. Et quand les portes se sont ouvertes, on avait déjà séché. Cerise sur le gâteau, quand on est rentrés dans la salle de concert, on s’est retrouvés tout tout tout devant de la fosse, au niveau des barrières, à 50 centimètres de la scène. Youhou, oubliés les doutes et la fatigue, je me suis sentie instantanément redevenir la groupie de 14 ans que j’ai finalement jamais cessée d’être !
Le concert a commencé, et c’était génial. Matthieu est un musicien surdoué doublé d’un showman complètement décomplexé. Ses musiciens ne sont pas en reste, mention spéciale pour sa petite sœur Anna et sa voix en or et son frangin Joseph bien déjanté comme j’aime… quelle famille !
De là où nous étions, nous n’en avons pas perdu une miette, du solo de guitare saturée au piano plus intimiste, juste sous nos yeux, au plus près.
Et puis il s’est passé un truc de dingue… Matthieu a fait monter des gens sur scène. Zaz s’est précipitée, me laissant le champ libre. J’ai hésité une seconde, MrChéri m’a arraché mon sac et m’a crié “Vas-y !”. Alors j’ai enjambé la barrière comme j’ai pu, j’ai slalommé derrière le vigile, j’ai grimpé les escaliers quatre à quatre et je me suis retrouvée sur scène ! Avec une quinzaine de nénettes un peu hystériques, on n’en revenait pas. On a dansé, on a tapé des mains, j’osais à peine regarder la foule compacte à mes pieds. Je voyais MrChéri filmer, S. qui me faisait des grands coucous, c’était absolument surréaliste !
Voici une petite vidéo pour vous donner un aperçu de ce grand moment de n’importe quoi… le son est abominable, je me la joue remake de Où est Charlie ? avec ma marinière rouge et ma dégaine d’ado attardée, mais qu’importe, je me suis régalée !
Je serais bien restée jusqu’à la fin, à faire l’andouille derrière le beau piano blanc, mais au bout d’un moment, il a bien fallu redescendre sur terre. Par un petit miracle que je ne m’explique pas bien, nous avons réussi à retrouver nos places et le concert a continué son petit bonhomme de chemin, dans la joie et la bonne humeur. Un vrai bonheur !
Vous croyez que notre incroyable soirée s’est arrêtée là ? Eh bien détrompez-vous… Notre pote Machistador détenait de son petit frangin une info en or. Il savait où M et toute sa troupe allaient passer la soirée après le concert. Alors ni une ni deux nous avons filé devant le bar en question. L’endroit était privatisé, nous n’étions évidemment pas sur la liste des invités, et on risquait d’attendre un bout de temps sur le trottoir gelé avant que n’arrivent nos VIP. Notre petit groupe de 8 s’est alors scindé en deux, certains préférant aller se mettre au chaud dans un troquet pas trop loin. Moi je me disais que c’était quand même dommage d’être là et de repartir, alors je suis restée avec mes 4 compagnons apprentis fans.
Et nous avons attendu. Une bonne heure. Le videur est venu papoter un peu avec nous, sans doute pour vérifier que nous n’étions pas de sanguinaires paparazzi, mais notre dégaine de trentenaires tranquilles, père et mères de famille en goguette d’un soir, a du le rassurer, et il nous a laissés tranquilles.
Et puis, enfin, une voiture s’est approchée… Le chauffeur est sorti et est allé ouvrir la porte à une jolie liane brune qui avait l’air passablement énervée. Matchistador m’a envoyée en éclaireur, pour que je valide le people à chapeau qui s’extirpait du côté passager.
Nom de Dieu ! Je rêve !! Putaiiiiiiiiin… mais c’est pas M, c’est Mathieu Canet !!
Matchistador se décide et lance un “Mathieu, s’il vous plaît, on peut faire une photo ?”
Guillaume Canet ne réagit pas (et pour cause, je me suis lamentablement plantée de prénom), alors vite, je glisse à Matchistador : “c’est pas Mathieu, c’est Guillaume, GUILLAUUUUUME, PUTAIN !”
Et là le beau GUILLAUME se retourne enfin, et tout sourire se dirige vers nous. Tout est allé très vite, je l’ai pris en photo avec Matchistador, et à peine le temps de réaliser qu’elle était floue et que mon copain avait une tête abominable dessus, que le beau GUILLAUME était déjà à l’intérieur du bar.
- People 1 / Shalima 0 -
Cette petite mésaventure nous a néanmoins permis de peaufiner les réglages de l’appareil photo, et peu de temps après le bus des musiciens est arrivé et s’est garé juste devant nous. Un peu fébriles, nous avons attendu que tout le monde descende, mais de Matthieu, point. Zut. Par contre, un grand type en chapeau (again) est sorti d’un taxi près de nous, escorté d’un garde du corps taillé comme une armoire à glace. C’était lui ! Yipi ! Yipi !
J’ai pris Matchitador et Zaz en photo avec lui, puis Matthieu a proposé qu’on fasse une photo avec tout le monde. Pas pressé pour deux sous, il nous a serré bien fort dans ses bras, nous on souriait connement à nous en décrocher la mâchoire, et il était là, adorable et désarmant de gentillesse, à me pétrir l’omoplate que je me suis jurée de ne plus jamais laver mon coupe-vent Bel Air, bordel !
On a fini par le lâcher et lui souhaiter très dignement une bonne fin de soirée en compagnie de tous ses amis…
… et on a détalé en courant, criant et sautant partout, comme de vrais gamins complètement tarés !
Bon sang, mais quelle soirée “vis ma vie de groupie” !
★ ★ ★ ★
Edit: Une petite photo ratée de Guillaume Canet ? Allez, une petite photo ratée de Guillaume Canet !
L’autre soir, MrChéri est rentré avec une jolie surprise, rien que pour moi… J’adore les surprises, surtout quand elles arrivent après une journée super difficile où j’ai bossé d’arrache-pied, ce qui était le cas ce jour-là. Je me suis donc jetée sur le petit paquet rendu par mon cher et tendre. Le format ne laissait guère de place au suspense : un CD. Mais pas n’importe lequel, le nouvel album de Charlotte Gainsbourg, IRM.
J’ai toujours aimé Charlotte Gainsbourg, sa grâce singulière, son petit filet de voix pas toujours juste mais aérien, ses choix musicaux pointus. Son précédent opus, 5:55, a tourné un certain temps dans ma platine CD. Et là, j’avais vraiment hâte de découvrir sa collaboration avec un artiste que j’aime également beaucoup : Beck.
Beck, je l’ai découvert un été d’ennui, en regardant ma télé. Son single, Looser, servait de bande-son à la programmation estivale de Canal+. Je me souviens m’être empressée d’acheter le CD 2 titres et de l’avoir écouté en boucle jusqu’à la rentrée, peut-être même encore après. Et puis Beck a disparu des ondes, et de ma chaîne stéréo. Ce n’est que l’année dernière, toujours grâce à ma fournisseuse officielle de musique atypique, Lutecewoman, que je l’ai redécouvert. Il m’a fallu plusieurs écoutes de son album Modern Guilt pour apprivoiser les étonnantes sonorités de ses chansons, mais une fois ce cap franchi, je peux dire sans exagérer qu’elles font désormais partie de mes préférées ever. Un an après, je ne m’en lasse toujours pas.
C’est un peu ce qui s’est passé avec IRM… une première écoute un peu décevante, tant j’en attendais beaucoup (trop, sans doute). Et puis à force, mon oreille s’est habituée et s’est laissée charmer. Elle en redemande, d’ailleurs, et pas un jour ne se passe sans sa petite dose obligatoire.
Je n’ai pas réussi à trouver d’autre clip que celui d’Heaven can wait, j’espère qu’il y en aura tout plein d’autres issus de l’album. J’aime particulièrement les ambiances du Chat du café des artistes, In the end, Time of the assassins et Greenwich mean time. En tout cas, j’ai filé le CD à Vava, ma prof de danse, en espérant bien qu’elle y puisera quelques morceaux pour de prochaines chorégraphies !
3ème opus des petites musiques du samedi que j’aime écouter bien tranquille chez moi, lovée dans mon canapé, avec un bon bouquin et une tasse de thé fumant à mes côtés. Après God Help The Girl et Fredo Viola, c’est au tour des 3 petits frenchies de Diving with Andy de bercer mes oreilles. De la pop sophistiquée et sucrée, un soupçon de folk et la douce voix de la jolie Juliette, la recette est parfaite… leur album Sugar Sugar n’est pas tout nouveau mais c’est un petit bonbon à consommer sans modération. En tout cas, moi j’adore !
Encore un petit billet musical en ce froid samedi. J’avais envie de partager avec vous une bien jolie pépite, encore une fois découverte grâce à ma Lutecewoman, ma dealeuse officielle de mp3. Fredo Viola est né à Londres, a grandi à Rome et vit désormais à New York. De ses multiples influences (des Beach Boys à Sigur Ros, en passant par Shostakovich, Stravinsky et Kate Bush… ce n’est pas moi qui le dit, c’est lui !), il en ressort une musique pour le moins vibrante et originale. Un vrai petit ovni pop, aérien et arty à souhait, à ne pas louper !
Pour l’anecdote, après un mois à l’écouter en boucle dans mon Ipod, je me décide enfin à en parler à Vava, ma prof de danse, persuadée que Fredo Viola lui plairait. Je lui demande donc, très fière de moi, si elle connaît. Et là, elle éclate de rire, plonge la main dans son sac et en ressort aussi sec un CD du dit Fredo !
Ça tombe bien que j’aime aussi, puisque notre groupe avancé va danser pour le gala de fin d’année sur le titre phare de l’album “The Turn” ! 5 minutes de pur bonheur en prévision !
Alors si vous ne connaissez pas déjà, voici deux petites vidéos bricolées par l’artiste lui-même, pour vous donner un petit goût de l’univers un peu fou et très onirique de ce drôle de bonhomme à lunettes :
Lutecewoman est ma fournisseuse officielle de musique… Grâce à elle, mon Ipod ne dépérit jamais d’ennui et j’ai presque l’air de m’y entendre musicalement parlant. En fait pas du tout, mais entre ses trouvailles et mes profs de danse, il m’arrive parfois de briller en société en plaçant au détour d’une conversation le nom d’un groupe qui ne passe pas sur Europe 2 Virgin radio.
(la culture, la confiture, tout ça, vous voyez le genre ?)
Donc grâce à ma cops, je me dégourdis régulièrement les esgourdes, et j’aime ça. Du coup, j’ai eu envie de partager avec vous mon dernier coup de coeur en date : God Help The Girl… Tout d’abord attirée par ce nom singulier, je me suis très vite laissée charmer par les mélodies légères et la voix de cristal de la chanteuse irlandaise Catherine Ireton. Pour la petite histoire, God Help The Girl n’est pas à proprement parler un groupe, mais plutôt un projet de Stuart Murdoch, le leader de Belle and Sebastian. Stuart a écrit l’intégralité des chansons de l’album et recruté par casting des voix féminines pour les interpréter. Il a également collaboré avec Neil Hannon (The Divine Comedy) (que j’aime d’amour) (passez-moi A Lady of a Certain Age, et je m’effondre en sanglots).
Mais trève de name dropping échevelé (wikipedia est mon ami), le résultat est un petit bijou de douceur qui me met instantanément de bonne humeur… Parfait pour accompagner un joli samedi ensoleillé, vous ne trouvez pas ?
Quand, inlassablement, à chaque Noël, chaque anniversaire, je réclamais “un Ipod ! un Ipod ! un Ipoood ! (s’il te plaît mon amour)”, MrChéri me répondait, tout aussi inlassablement : “mais pour quoi faire ?“.
Dans sa tête, ô combien rationnelle, de mec aux pieds bien sur terre, vu que j’étais toute la journée, à la maison, je n’avais nul besoin d’un bidule mp3 à visser dans mes oreilles. Notre antique chaîne hifi et même mon ordi devaient bien suffire à étancher ma soif de mélodies.
Oui, mais non. Car depuis que je possède mon Ipod tout rose, my precious, je vois bien la différence. Je suis passée direct du stade “je passe mollement un vieux CD sur ma chaîne genre 3 fois par semaine” au stade “mon Ipod fume tellement il tourne en boucle !”