
4 ans après la naissance de mon dernier Korrigan, je n’ai toujours pas perdu les kilos pris durant ma grossesse. Je sais que malgré ça mon IMC reste normal et que je ne suis pas grosse. Mais ce poids pris et gardé me prend la tête, et jusqu’ici les tentatives pour me débarrasser de cet excédent de bagages se sont révélées vaines.
Pour mes deux premiers enfants, pourtant, le temps avait fait son affaire : la reprise du travail, de la danse et un rythme soutenu aidant, au bout d’une année, je rentrais peu ou prou dans mon jeans fétiche. Je pouvais même me vanter de ne pas avoir eu besoin de me lancer dans des régimes de famine pour cela (même si la découverte de la méthode Zermati après la naissance de Petitou m’a filé un sacré coup de pouce). Alors qu’est-ce qui fait que la troisième fois, la machine semble s’être grippée ?
J’ai bien ma petite idée là-dessus : un diabète gestationnel en fin de grossesse qui m’a contraint de suivre un régime hypoglucidique très strict pendant deux mois, un retour de bâton après la naissance qui a fait que je me suis jetée sur le sucre comme une affamée sur le dernier quignon de pain, un allaitement de quinze mois durant lequel j’avais tout le temps la dalle, et un congé parental at home de trois ans, avec un rythme certes fatigant, mais qui n’a pas marqué de coupure nette comme avaient pu l’être mes précédents retours au “vrai” boulot.
Très rapidement pourtant, j’ai essayé de me “reprendre en mains”, comme on dit. J’ai évidemment repris la danse, question de survie. Du côté de mon assiette, j’avais beau être persuadée de l’inefficacité (voire de la nocivité) des régimes, comme je n’arrivais plus à me replonger dans la méthode Zermati, j’ai un peu tout testé : les pilules miracle, les substituts de repas, la chrono-nutrition… avec plus ou moins de succès (jusqu’à 3 kilos perdus). Fin 2008, j’étais plutôt contente, je n’étais plus qu’à 4-5 kgs mon poids d’avant grossesse.
Mais l’hiver 2009 est arrivé, et avec lui la fin de mon congé parental, le lancement de mon activité de rédactrice free-lance, un premier contrat un peu démesuré et une bonne dose de stress à l’avenant. Résultat, 4 kilos pris en l’espace de quelques semaines et depuis, impossible de m’en délester. Back au point de départ, même poids qu’à ma sortie de la maternité, le jeans qui boudine et les bajoues qui font un excès de zèle.
Alors quoi, tout recommencer depuis le début ? J’avoue, je n’en avais plus le courage, à quoi bon se battre pour tout reprendre ensuite, au moindre petit grain de sable qui vient dérégler la machine ?
Et puis Caroline a longuement détaillé son “expérience” Zermati sur son blog, et j’ai lu avidement tous ses billets sur le sujet. Cet éclatant succès, ce mieux-être évident n’étaient pas sans me rappeler ce que j’avais vécu et ressenti après la naissance de Petitou, mais que je n’arrivais plus à reproduire désormais. Si je n’arrivais plus à me gérer seule, pourquoi ne pas me faire aider? Un twitt de la belle a fini par me décider, et j’ai empoigné mon téléphone pour appeler le G.R.O.S. (Groupe de Recherche sur l’Obésité et le Surpoids), histoire de vérifier si une adepte de Zermati ne traînait pas dans mes parages. J’ai trouvé Geneviève, et j’ai pris rendez-vous. La première fois que j’ai poussé la porte de son cabinet médical, j’étais à la fois impatiente et super craintive. J’avais hâte d’en découdre, mais en même temps, j’avais tellement peur qu’encore une fois, ça ne marche pas. Je me suis jurée que cette fois serait ma dernière tentative, et qu’en cas d’échec, j’abandonnerai à tout jamais cette idée de retrouver mon poids de forme et que je ferai la paix avec moi-même.
Ma première consultation s’est très bien passée. Si Geneviève ne fait pas du Zermati à proprement parler, elle n’est pas favorable non plus au régime hypocalorique, à la restriction alimentaire ou à la tyrannie du repas équilibré. Nous avons beaucoup discuté, histoire de cerner mon comportement et mes habitudes alimentaires, l’origine de ma non-perte de poids, tout ça… Et puis je suis repartie, avec comme mission de tenir un carnet alimentaire pendant une semaine, pour faire ensuite le point.
La semaine d’après, le bilan fut vite fait, mes dernières analyses de sang pas très folichonnes à l’appui (un brin de cholesterol, juste un brin de trop, un soupçon d’hypothyroïdie et une glycémie fragile). Pas question de me mettre à la diète, les portions restant celles que j’ai l’habitude d’avaler, mais essayer de lever le pied sur les gâteaux au goûter, le fromage le soir, manger moins raffiné, moins transformé, plus simple, quoi. Rien de révolutionnaire, que du bon sens. J’étais un peu dubitative, sur ce coup-là, mais je me suis exécutée, sans trop de mal, pendant trois semaines.
Ce matin, troisième rendez-vous, on fait le point sur mes sensations, sur mes éventuelles frustrations puis je monte sur la balance. Mon poids n’a pas bougé d’un gramme, il est d’une affligeante stabilité. Ce n’est pas vraiment une surprise, je l’avais bien senti à mes fringues. Pour être tout à fait honnête, à ce moment de la consultation, je suis prête à rendre mon tablier et laisser tomber. Mais Geneviève se met à parler, parler, et moi, abasourdie, je me prends une grande claque dans la figure. Cette femme a réussi à mettre des mots sur mes maux.
Si je perds pas de poids, c’est que j’essaie de tenir. J’essaie de tenir un rythme de vie trépidant, une vie de famille prenante et un boulot qui repose entièrement sur mes épaules. J’essaie de tenir, coûte que coûte, j’ai tellement peur de me planter. Alors je mange pour tenir, tout comme quand j’allaitais, j’essayais de tenir le coup physiquement en compensant par la bouffe. Ce qui m’a fichu dedans, effectivement, c’est ce régime à la noix en fin de grossesse. C’est normal qu’ensuite j’aie compensé, mais ce qui l’est moins c’est de ne pas avoir réussi à dépasser ce stade, d’avoir développé une sorte de compulsion pour le sucre. J’ai peur de l’échec, j’essaie de tenir, mais je n’ai pas besoin de ça. Il faut juste que je me fasse confiance. On en revient toujours au même point, crucial : la confiance, celle qui m’a toujours fait défaut…
Dire que je suis sortie de mon rendez-vous un peu secouée est un euphémisme. Ce n’est plus une simple histoire de tour de taille, je crois, le chemin risque d’être long. Mais j’ai trouvé quelqu’un pour m’accompagner, et il en vaut la peine, non ?
(PS: j’ai beaucoup hésité à mettre en ligne ce billet un peu long, un peu fouillis… désolée pour la tartine. Mais j’ai mis du temps à l’écrire, et ça m’a fait du bien. Et surtout je me suis rappelé que c’est la lecture d’un blog qui a tout déclenché…)
(re-PS: je crois que je suis mûre pour me replonger dans mon vieux Zermati vintage 2003, là)