
J’étais donc aux manettes du compte twitter de France Télévision Direct samedi dernier, pour livetwitter le match du Tournoi des VI Nations, Italie – France.
Le rugby et moi, c’est une longue histoire familiale. Mon papa insiste d’ailleurs pour que je précise ici même que mon grand-père paternel a été champion de France de rugby en 1936 avec l’équipe de Lannemezan, Hautes Pyrénées, berceau de mes ancêtres.
(En revanche, c’est étrange, il n’insiste pas trop pour que je précise que c’était en 5ème ou 6ème division)
(Soit. Ceci dit, mon illustre Papi trône en photo dans un des plus anciens troquets lannemezanais, et ça, les gars, c’est pas rien)
Je disais donc, le rugby et moi, vieille histoire. Le premier match que mon père m’a emmené voir au stade, c’était à Toulouse, aux Sept Deniers, et le Stade Toulousain avait mis une branlée mémorable à Montchanin, je ne me souviens plus du score parce que c’était à l’époque où les essais valaient 4 points et les transformations 3, mais les pauvres gars de Montchanin avaient quand même été atomisés 11 essais et 10 transformations à zéro.
(Ma calculette me dit : 74-0) (Sacrée branlée, non ?)
Ce premier contact victorieux avec le stade a fortement ancré mon amour pour le rugby, j’avais quoi, 12 ou 13 ans ?
Depuis, je suis une supportrice inconditionnelle du Stade Toulousain et des Bleus, à la vie, à la mort. Vous devriez me voir devant ma télé, hurlant à tout va, sautant comme une furie sur mon canapé. Certains clic-clacs un peu faiblards de la latte ne s’en sont jamais remis. Nos copains bretons aiment bien assister à des matchs en notre compagnie, rien que pour le spectacle dans le salon (et aussi pour moquer mon accent toulousain qui revient illico presto dès que mon sang s’échauffe un peu). C’est hyper exotique pour eux qui ne sont pas très familiers du ballon ovale.
J’ai même poussé le vice jusqu’à épouser le cousin issu de germain d’un célèbre joueur de rugby qui faisait grave battre mon petit cœur d’ado. N’insistez pas, je ne dirai pas qui est ce beau gosse qui affectionne les noeuds pap’ rose et qui, occasionnellement, fait le consultant à la télé.
(C’était une stratégie franchement peu rentable, depuis 16 ans que je file le parfait amour avec MrChéri, je n’ai JAMAIS rencontré son cousin. La famille, c’est plus ce que c’était…)
Bref, tout ça pour vous dire que lorsque Myriam, la responsable communication online de France Télévision, m’a demandé si je voulais rejoindre la team des livetwitters d’un match pour le Tournoi des VI Nations, je n’ai pas hésité une seule seconde.
Bon, ensuite, quand j’ai réalisé que les autres livetwitters étaient des gars et des filles plutôt calés dans le domaine du rugby, j’ai commencé à stresser. Parce que suivre un match, crier et sauter dans mon salon, je sais faire, mais décortiquer les stratégies de match, et analyser la portée technique de la chandellle, heu, comment dire…
Ce qui m’a sauvé, c’est que sur twitter, tu as droit à 140 caractères par message, pas un de plus. Et que ce qui compte c’est la rapidité et la réactivité.
Alors avec MrChéri, on a tout bien installé le salon pour que je sois dans des conditions optimales. Les Korrigans chez les voisins, l’iMac sur la table basse, l’iPhone à portée de main, au cas où. Je pensais au départ que mon Netbook ou notre iPad suffirait, mais en fait non, il me fallait un vrai clavier et un écran suffisamment grand pour afficher plusieurs fenêtres twitter.
Le match a commencé sur les chapeaux de roue, et je me suis lancée sur mon clavier comme une dératée. En fait c’est pas si facile que ça de tenir la cadence, taper des messages (les tagger correctement), éviter de dire des gros mots, loucher sur le clavier, la télé, et suivre l’action en même temps. Quand c’est Para Parra (avec 2R, Shalima, avec 2R !!) qui score, ça va, mais quand c’est Trinh-Duc (il est où le H, bordel, il est oùùù ?) qui fait une passe décisive, c’est sportif de ne pas s’emmêler les touches du clavier. Heureusement que MrChéri était là pour me seconder efficacement (attend, le gros balèze, là, c’est Massi, ou Bergamasco ?)
La vérité ? A la mi-temps j’étais plus crevée et assoiffée qu’après un footing de 37 minutes dans la forêt.
La pub m’a paru bien courte, à peine le temps de croquer un morceau de chocolat que zou, c’était reparti !
Et bon sang, quelle seconde mi-temps ! Les Italiens ont rattrapé les Bleus, les ont dépassé, enfin bref, je ne vais pas vous refaire le match, on a perdu, ils ont gagné, mais jusqu’à la dernière seconde, c’était à couteaux tirés, j’ai cru que j’allais me liquéfier de stress et défoncer mon clavier à force de taper dessus comme une forcenée.
Mais vous savez quoi ? J’ai ADORÉ cette expérience. Mais vraiment ! C’était chaud bouillant sur la time line et j’ai largement alimenté le flood avec plus de 80 messages, et autant, sinon plus, de points d’exclamation hystériques enthousiastes.
Alors Myriam, si la prochaine fois tu veux m’envoyer commenter un match en direct avec Franck Mesnel (oups, j’ai dit son nom), pour la Coupe du Monde, au hasard, surtout n’hésite pas ! Promis, je ne dirai aucun gros mot !!