
Ce matin, à 7h30, Mamzelle était prête. Petit déjeuner avalé, fringues choisies la veille minutieusement enfilées, sac à dos… sur le dos.
Ah ça, pour sa rentrée à 9h, ma fille était plus que prête ! J’ai bien essayé de la convaincre de poser son sac et de changer de chaussures, car dehors il tombait des trombes d’eau, rien à faire, elle aime trop d’amour son nouveau sac, et elle avait décidé de porter ses Faguo en toile aujourd’hui, alors tant pis pour les flaques. Notez que ses petits frères n’étaient pas en reste, à part les converse et les cartables, ils étaient eux aussi prêts de pied en cap.
Sagement installés devant les dessins animés, ils ont quand même attendu que leurs parents soient prêts eux aussi pour se ruer dehors. MrChéri est parti avec les garçons direction l’école primaire, et moi j’ai embarqué ma grande dans la voiture, le cœur battant et les paumes moites, direction le collège.
Sitôt passées les grilles, j’ai eu l’étrange impression de faire un bond dans le passé. Je me suis revue il y a 26 ans. Je crois que j’ai vécu ce moment presqu’aussi intensément que si c’était le mien. En tout cas, à voir sa mine pâle et à sentir mon cœur bondir dans ma poitrine, j’étais quasiment aussi stressée que ma fille à l’appel des élèves, un par un, et par classe. J’étais au moins aussi déçue qu’elle ne soit pas avec Lo, sa copine de quartier qui avait pris la même option bilangue qu’elle. Et j’ai été très soulagée d’entendre que sa copine S. serait dans sa classe, quand même.
Ensuite, nos petits collégiens sont partis dans leur classe avec leur professeur principal, et les parents ont suivi le directeur dans l’amphithéâtre pour une petite réunion de présentation. Et là, terminée l’identification et les souvenirs d’ado. J’ai été propulsée du côté parental de la force. Les règles du collège, les fiches de comportement, le suivi des notes, les associations de parents d’élèves… tout ça m’a bien remis les pieds sur terre, je dois dire.
Le répit n’a été que de courte durée, car après un petit café et quelques viennoiseries, nous avons échangé nos places avec les enfants. Tous les sixièmes sont allés écouter le directeur, et moi je me suis retrouvée assise à la table de ma fille, les genoux dans le casier, la trousse à portée de main et l’agenda ouvert sous les yeux, à écouter la prof de français nous expliquer les subtilités de l’emploi du temps. J’ai tout bien noté consciencieusement le nom des profs, j’ai posé tout plein de questions pertinentes. (mais je ne me suis pas proposée comme parent correspondant, faut pas déconner non plus)
Et à midi et quart, on s’est tous retrouvés dans la cour. Mamzelle m’a fait un gros câlin (ah, tout n’est pas encore perdu !), a écouté mes instructions pour prendre le car ce soir, puis elle est partie en courant à la cantine, avec ses copines.
Et moi, je suis rentrée, un peu déboussolée, vaguement tristounette. Ayé, mon bébé n’en est définitivement plus un… Pour tout vous dire, cet après-midi m’a semblé bien vide. J’ai hâte d’aller chercher mes garçons pour qu’ils me racontent eux aussi leur rentrée. Qu’on aille tous les trois chercher leur sœur à l’arrêt du bus.
(mais bizarrement, j’ai vachement moins hâte de couvrir les deux tonnes sept de bouquins qu’elle va ramener ce soir !)
Edit de 18h: la scène des cinq mères attendant l’arrivée de leurs filles à l’arrêt du car scolaire valait son pesant de cacahuètes… j’aurais voulu nous filmer ! Surtout quand nos filles nous ont vues et se sont mises à nous faire de grand signes et crier comme des folles. Elles ont eu raison d’en profiter, dès demain avec les 5èmes, les 4èmes et les 3èmes, ce ne sera plus possible (bonjour la honte, quoi ^__^)