Archives de la catégorie ‘souvenirs souvenirs’

L’âge ingrat

Par Shalima • 8 déc 2009 • Catégorie: À la Une, c'est moche, souvenirs souvenirs40 blablas

eh oui, c'est moi... en 1987 !

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais suite à mon coup de cœur pour le joli film de Riad Sattouf (Les Beaux Gosses), je vous avais proposé de me raconter votre pire honte collégienne. A mon tour de vous raconter maintenant la mienne !

En fait, je n’ai pas un mais deux mauvais souvenirs, finalement assez liés, et ayant comme point commun une apparence physique relativement incertaine. Grand classique des années d’adolescence, non ?

Petite fille, danse classique oblige, j’avais les cheveux longs. Ma mère, très garçon manqué dans sa jeunesse, avait souffert de s’être vu imposer les nattes jusqu’à ses 18 ans par un père hispano-autoritaire. C’est donc tout naturellement qu’elle m’a proposé de couper court une tignasse plutôt pénible à entretenir. J’ai ainsi opté pour la coupe à la garçonne vers 9-10 ans, et ma tête mi-figue, mi-raisin m’a suivie jusqu’en classe de quatrième.

A vrai dire, à cette époque, je me fichais un peu de mon allure générale. J’étais de toute façon persuadée que j’étais moche et qu’il n’y avait pas grand-chose à faire pour y remédier. Mais avec l’âge, mon intérêt pour les garçons a grandi, plus vite que ma taille et mon tour de poitrine, et j’ai vite fait la dure expérience de l’ingratitude masculine.

Ainsi, en classe de cinquième, j’étais raide dingue du bellâtre de service. Un redoublant option bad boy, avec la panoplie complète allant de la mèche rebelle aux yeux bleus qui tuent, et le survêtement 3 bandes Adidas qui va bien. J’en ai noircies des pages de carnet intime sur ce garçon ! Il n’était pas dans ma classe, mais je le croisais le vendredi en cours d’EPS et parfois après la cantine. Bien entendu je me liquéfiais à chaque fois en sa présence, alors que lui, visiblement, ne percevait même pas de mon insignifiante existence. Mais un jour, la “chance” s’est présentée à ma porte.

Une de mes meilleures amies roulait des pelles entre midi et deux à un copain du frère de mon bellâtre. En 1987, c’était le seul réseau social dont on disposait, alors on exploitait le filon avec les moyens du bord.

Ce qui devait arriver arriva, mon amie fut chargée de passer le message comme quoi je me pâmais d’amour pour lui. Elle le dit tout d’abord à son petit copain qui le transmit à son propre pote qui s’empressa de le répéter en gloussant (j’imagine) à son frangin… La réponse du bellâtre ne se fit pas attendre bien longtemps, empruntant le chemin inverse jusqu’à mes oreilles impatientes.

Le verdict fut net, clair et sans appel : “Non mais ça va pas ? On a vu assez d’horreur pendant la guerre !

(gloups) (petit con)

Ce jour-là, j’ai commencé à étudier sérieusement l’idée de me laisser repousser les cheveux (et d’abandonner le port du survêtement 3 bandes Adidas en signe de protestation). Idée de génie qui a pris quelque temps mais qui a définitivement fait son chemin lorsque le trimestre d’après, je me suis faite jeter des toilettes des filles par deux grandes de troisième qui m’avaient prise pour un garçon.

Voilà donc mes souvenirs les plus cuisants de mes années collège… Mais rassurez-vous, après je suis devenue une vraie fille, j’ai investi dans un jeans neige et une mini-vague. Comme quoi, il suffit parfois d’un simple (ou d’un double) électrochoc pour que tout rentre enfin dans l’ordre !

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Sinon, un big big up pour les copines qui ont remporté chacune dans leur catégorie le prix coup de coeur de la rédaction ELLE hier : Isabelle – Mon Blog de Maman, Aude du Nectar du Net, M’zelle Fraise, sans oublier Big Beauty ! Et bravo aussi à Auntie Joe, ravie d’avoir recroisé ton chemin hier…



Mes amies

Par Shalima • 12 nov 2009 • Catégorie: À la Une, girly girly, souvenirs souvenirs22 blablas

1983
(en 1983 – col claudine power et une dent tous les six mètres)

(petite rediff d’un billet écrit l’année dernière, très peu modifié et particulièrement d’actualité ces temps-ci)

+ Il y a les amies d’enfance, rares, que la vie a souvent éloignées, mais que je garde bien au chaud dans mon coeur.

+ Il y a mes cousines, plus des sœurs que des amies, d’ailleurs. Une amitié généalogique, en quelque sorte.

+ Il y a les copines d’école, les copines de collège, les copines de lycée. Si Internet n’existait pas, je ne saurais certainement pas qu’une s’est mariée, une autre a eu des bébés ou vient de se séparer. Comment les oublier, elles qui ont partagé mes joies et mes peines d’adolescente ?

+ Il y a les copines d’études, peu nombreuses. C’est tellement froid et impersonnel, une fac. Les amphis sont grands, les bancs anonymes, les blouses de TP se ressemblent toutes. Mais certaines ont su se frayer un chemin jusqu’à moi et m’accompagnent depuis.

+ Il y a les amies, les vraies de vraies, si loin, si proches. Des amies à la vie, à la mort, que je vois peu, mais avec qui le courant passe instantanément au premier regard, au premier mot. Elles me sont si précieuses, je ne serais pas la même sans elles.

+ Il y a les amies de ma vie de maintenant, qui m’entourent chaleureusement. Nous partageons nos fou-rires, nos soucis, nos passions. Et nos enfants qui jouent ensemble perpétuent un peu plus chaque jour cette belle histoire.

+ Et puis il y a les cyber-copines, qui au bout de quelques années sont devenues , pour certaines, des amies pour de vrai dans la vie réelle. Et puis sont arrivées les blogo-copines. Des rencontres inattendues, voire improbables, et pas aussi virtuelles que l’on pourrait se l’imaginer.

Pour Kary, Sandye… et toutes les autres !



La meilleure confiture du monde

Par Shalima • 5 nov 2009 • Catégorie: À la Une, Casablanca, cuisine et bricolis, souvenirs souvenirs24 blablas

confiture de figues Aïcha

Oui, je sais, ça ne parle que de bouffe sur ce blog ces temps-ci (et aussi de robes qui rétrécissent mystérieusement, ceci expliquant peut-être cela). Mais que voulez-vous, l’hiver approche, les jours raccourcissent, il faut ce qu’il faut pour résister ! Et chez moi, la bouffe, c’est sacré. A tel point qu’il ne me faut pas plus qu’un tout petit pot de confiture pour me mettre en transe. Mais attention, pas n’importe quelle confiture… la meilleure confiture du monde, ni plus, ni moins. La confiture de figues Aïcha. Un véritable concentré de douceur ensoleillée à te coller la banane sur ta face le restant de la journée.

J’en ai récupéré un précieux échantillon chez mes parents le week-end dernier. Mon père, qui ces temps-ci retourne régulièrement au Maroc pour affaires familiales, ne manque jamais de rentrer avec sa valise pleine de bonnes choses de là-bas : des cornes de gazelle de chez Bénis, des amandes grillées, des olives, des Raddouj Cookies (d’appellation d’origine contrôlée) et… de la confiture Aïcha.

A vrai dire, je regrette qu’il n’existe plus l’ancien conditionnement en boîte de conserve gigantesque (un kilo, il me semble) de mon enfance. Quand on l’attaquait à grand coup d’ouvre-boîte tout rouillé, c’était la fête. Les fruits étaient encore entiers, confits dans leur sucre. Nous procédions à un partage équitable, mon père et moi : les fruits pour lui, le jus pour moi. Sur de la baguette fraîche légèrement grillée, c’était du bonheur à l’état pur. Moi qui en temps normal ne mangeais quasiment jamais de confiture, j’en faisais une cure tous les matins, jusqu’à épuisement des stocks.

Hier, rien qu’au “plop” du couvercle, je savais que j’allais me régaler. Tous mes souvenirs sont remontés brusquement à la surface, mes sens tenus en éveil par l’odeur du fruit mûr, la couleur ambrée de la marmelade, les petits grains qui crissent sous la dent, l’onctuosité de la texture, le sucre, oh oui, tout ce sucre sans lequel cette douceur moyen-orientale ne serait pas ce qu’elle est. Pour accompagner cette petite merveille, point de kesra dans ma huche à pain, ni même de baguette fraîche à peine toastée, mais un bägel décongelé et passé au four. Un mélange des genres des plus savoureux.

C’était parfait. Il manquait juste le bruit de fond de la circulation casablancaise, les roucoulades des pigeons derrière le moucharabié en béton de la buanderie du quinzième étage… et le rire de ma Mamisa.

confiture de figues Aïcha

confiture de figues Aïcha et bägels



Week-end à Berlin, une envie de citybreak !

Par Shalima • 22 sept 2009 • Catégorie: À la Une, Carnets de voyage, souvenirs souvenirs25 blablas

Berlin - église du souvenir et sony center - mon citybreak avec addictrip.com

Berlin, 9 novembre 1989. Il y a tout juste 20 ans, sous mes yeux ébahis, le Mur de la Honte s’effondrait en direct, là, à la télévision. Je me souviens de mes larmes de joie et du coup de fil hystérique passé à mes amies S et K, mes comparses de cours d’Allemand LV1. Nous n’en croyions pas nos yeux. Dire que le printemps précédent, nous étions sous les miradors, le long d’une obscure frontière barbelée au nord de Hambourg, à frissonner en regardant de l’autre côté, la terrifiante RDA. Un vent d’espoir et de liberté a soufflé dans le salon familial, ce soir-là. J’aurais donné mon jeans neige et mon blouson Chipie pour m’en échapper et aller festoyer sur les rues berlinoises, au milieu des étudiants des deux Allemagne.

Février 1991, la tempête fait rage dans le désert irakien. Quel rapport avec Berlin me demanderez-vous ? La réponse est malheureusement simple : la guerre du Golfe a, entre autres, annulé le voyage scolaire organisé par le lycée et auquel je m’étais inscrite, rêvant de dépaysement et d’aventure(s) (un ex-petit copain que je comptais bien reconquérir devait venir, lui aussi, héhé)

Avril 1992, le fameux voyage scolaire est de nouveau d’actualité. Mais à quelques semaines du Bac, pas question d’y participer. De toute façon, c’était réservé aux élèves de seconde et de première. Petite terminale, il te faut réviser… Berlin, c’est encore raté ! (ce qui ne m’a pas empêché, entre temps, de sortir puis de rompre à nouveau avec le fameux ex, et d’obtenir un 13/20 à l’arraché en allemand au bac)

Alors depuis toutes ces années, c’est peu dire que je rêve de découvrir enfin la belle Berlin réunifiée. Berlin, une ville au passé si riche et si lourd à la fois, tout en étant une ville branchée et novatrice, résolument tournée vers l’avenir.

Oui, je rêve de m’évader quelques jours en amoureux à Berlin, contempler l’Histoire au pied du Reichstag et de la porte de Brandebourg, longer le Mur et ses tags d’une époque si loin, si proche, traverser le mythique Check Point Charlie, mais aussi flâner dans les grands parcs ou le long de la très chic Friedrichstrasse, m’immerger dans la vie culturelle dense et underground, arty dans l’âme du quartier Scheunenviertel. Me souvenir devant l’église éponyme et me recueillir au Musée Juif. Goûter aux festivités de la nuit berlinoise et dormir dans un bel hôtel. Mélanger le passé, le présent, le futur, dans un cadre exceptionnel.

Et puis, je ne sais pas vous, mais moi j’adore l’idée de partir juste quelques jours, ou un week-end, dans une grande ville, comme nous l’avons déjà fait à Londres il y a 4 ans, et à Dublin, l’hiver dernier. Je trouve que c’est une formule parfaite pour se dépayser et recharger ses batteries en un rien de temps. Sans oublier que quand on a des enfants, c’est moins compliqué de les faire garder quelques jours qu’une semaine entière.

Enfin, pour s’organiser un citybreak aux ptits oignons, le site communautaire Addictrip est bien fichu : ça foisonne d’échange de bons plans et de bonnes adresses, d’idées de sorties, d’itinéraires personnalisés pour ne rien rater dans les principales villes d’Europe et du reste du Monde. Une mine d’infos à laquelle je serai ravie de participer.

Rhalala, je me vois déjà arpenter les rues de Berlin, avec MrChéri, main dans la main, le nez au vent, l’appareil photo au garde à vous, et m’écrier moi aussi “Ich bin ein(e) Berliner !”

Chiche ?

Berlin - Château de Charlottenburg - citybreak avec addictrip.com

berlin - alexanderplatz - mon citybreak avec addictrip.com

le mur de Berlin - mon citybreak avec addictrip.com

le mur de Berlin - citybreak avec addictrip.com
(photos www.addictrip.com)

(billet écrit dans le cadre du concours organisé par Addictrip pour gagner un week-end citybreak à… Berlin, par exemple !)

brève des filles



Turron turron

Par Shalima • 16 juil 2009 • Catégorie: À la Une, nostalgiiiie, souvenirs souvenirs24 blablas

turron jijona

Franchement, existe-t-il quelque chose de meilleur – et de plus gras – que le Turron de Jijona (prononcez rrirrona) ?

Je ne crois pas… J’irai même plus loin, pour moi, le seul turron qui vaille la peine de se flinguer le tour de taille, c’est le mou, le mixé, le huileux à mort, celui qui colle au papier et qui a un double emballage, car le premier est inévitablement imbibé au moindre contact avec la bête. Ah, cette consistance pâteuse, ce goût puissant d’amandes qui reste longtemps en bouche… miam !

A la première bouchée, je suis directement transportée en Espagne. L’Espagne de mon enfance que nous traversions en voiture pour rejoindre le Maroc. L’Espagne où mes grands-parents avaient un appartement au tout début des années 80 et où je me délectais de churros à gogo. L’Espagne voisine du Pays Basque où nous habitions et où nous allions faire régulièrement “le plein”.

Alors quand avec Zaz et Vava nous sommes restées coincées entre deux avions à l’aéroport de Madrid, vous pensez bien que je n’ai pas hésité bien longtemps : j’ai acheté un Toblerone géant pour MrChéri et les Korrigans, et je me suis empressée de prendre une tablette de turron. De tels souvenirs, ça ne se rate pas !

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Encore envie de sucré ? j’ai testé la brioche fleurie Francine au rayon bricolage !



Le temps des cerises

Par Shalima • 27 mai 2009 • Catégorie: À la Une, souvenirs souvenirs26 blablas

cerise dans l'arbre

Les cerises, avec le raisin, les reine claudes et les figues, font partie de mes fruits préférés. De ceux dont une fois commencés, je ne peux m’arrêter de picorer.

J’ai des souvenirs d’enfance incroyables de la fête de la cerise d’Itxassou et de ces week-ends “cueillette” chez nos copains du Fauga, près de Muret. Ils habitaient une grande bâtisse un peu vieillote en bord de Nationale. Leur jardin était hyper bruyant, MAIS il y avait des cerisiers démentiels dans lesquels on passait nos journées. On mangeait des fruits par poignées entières, et on en ramassait tant que cela finissait invariablement en confiture. Sacrilège ! Je n’ai jamais aimé les “trucs à” – cuits, confits ou aromatisés – pour moi rien ne vaut une cerise bien noire, fraîchement cueillie.

Le week-end dernier, lors de notre séjour éclair dans la Drôme, j’ai enfin pu m’en faire un festin, sans modération ! (parce qu’en Bretagne, ça se vend au prix de l’or 18 carats, et la cerise qui a voyagé toute la nuit dans un camion frigo, bof, bof). Prune en avait acheté des cageots entiers, on s’est baffré régalé. Le gîte dans lequel nous dormions n’avait pas qu’une mare débordante de grenouilles en rut, mais aussi un cerisier bien fourni. Le propriétaire nous a offert un sac entier, qui calé au chaud dans notre coffre de voiture, a très bien voyagé jusque chez nous.

miam, des cerises !!

un plein saladier de cerises

J’ai retrouvé le goût des cerises de mon enfance… Plaisir de courte durée, le saladier est déjà vidé !



Secrets de famille

Par Shalima • 19 mai 2009 • Catégorie: famille story, la vie de Mamisa, souvenirs souvenirs14 blablas

secrets de famille

On dit bien qu’il y a des secrets cachés dans chaque famille… A vrai dire, je me doutais que la nôtre ne faisait pas exception à la règle. N’empêche, quand un secret enfoui depuis sept décennies vous explose à la figure au moment où l’on s’y attend le moins, ça fait vraiment une drôle d’impression. Je n’ose imaginer le choc pour mon père d’apprendre ça à 60 ans passé. Parce que moi, à 34 ans, j’avoue, ça m’a quand même un peu ébranlée.

Ceci dit, ce serait mentir que de dire que je suis complètement surprise. J’ai souvent pensé qu’il y avait des trucs un peu bizarres, des incohérences dans les dates, des flous artistiques dans certains récits. Évidemment, maintenant que je sais certaines choses, le puzzle se reconstitue peu à peu. Et l’envie d’en savoir plus, de tout savoir, me taraude.

Alors ce qui me peine le plus, finalement, c’est de ne plus pouvoir en parler avec la principale intéressée. Sans doute est-ce mieux ainsi, en gardant le silence toutes ces années, elle voulait tirer un trait définitif sur cette période de sa vie. Il ne reste plus que quelques papiers, des photos, et les souvenirs un peu embrumés de ma grande-tante, en maison de convalescence à des milliers de kilomètres d’ici. La chasse aux indices ne fait que commencer…

J’ai toujours eu envie d’écrire un livre sur la vie hors du commun de ma Mamisa. Depuis ce week-end, j’ai de nouveaux chapitres à ajouter.