
Ce n’est jamais facile de dénicher la robe parfaite, cette perle rare qui vous va comme un gant, vous met en valeur tout en étant confortable, vous nimbe d’une aura d’élégance sans que vous vous sentiez déguisée pour autant. C’est tellement rare, que personnellement, j’ai du n’en posséder qu’une ou deux au cours de ces dernières décennies.
Cette perle rare, je l’ai trouvée un peu par hasard la semaine dernière, alors que je faisais les boutiques à la recherche d’une tenue pour le mariage de ma cousine. La robe qui m’avait servie au précédent mariage et qui me paraissait charmante lorsque je l’avais essayée face à mon miroir m’avait fait pousser des hurlements d’effroi quand le lendemain du mariage, je m’étais vue en photo. Cette délicate robe housse n’était en fait qu’un horrible sac à patates dans lequel j’avais l’air d’avoir pris 25 kilos d’un coup. Heureusement, mes Chie Mihara relevaient un peu le niveau, mais il était hors de question que je reporte cette chose en public.
Sans trop y croire vraiment, je suis allée faire les magasins. La vendeuse de la boutique Esprit de mon bled a du sentir le pigeon désespéré et m’a fait essayer la quasi-totalité de la nouvelle collection automne/hiver, forcément déjà en rayon en ce début juillet. Par un miracle que je ne m’explique pas vraiment, j’ai flashé une robe sur laquelle je n’aurais pas misé un kopeck : en maille fluide violette, cette robe portefeuille est à mille lieues de ce que je porte habituellement. Pourtant, elle me flattait particulièrement : décolletée ce qu’il faut, affinant ma taille et ultra confortable, il n’y avait même pas besoin de faire un ourlet. De la vraie graine de championne, cette robette !
Ni une, ni deux, j’ai embarqué ma petite merveille, imaginant déjà à quel point mes salomés à talon noires iraient bien avec, ainsi que mon étole assortie, et mon collier, et mes boucles d’oreilles, etc. etc. Arrivée à la maison, elle a été immédiatement validée par MrChéri. Pas qu’il soit une référence en la matière, mais tout de même, j’ai bien vu dans son regard que cette robe m’allait plutôt bien.
Bref. Samedi arrive, le mariage de ma cousine aussi, nous sommes dans le Var, il fait un temps radieux, le Mistral souffle un peu mais pas trop, les conditions sont idéales. Je suis élégante, parfaitement à l’aise, et raccord avec le reste de l’assemblée. Quand je vous disais que cette robe était parfaite !
Tout se passe à merveille, jusqu’à l’ouverture du bal. Si MrChéri et moi séchons la traditionnelle valse, nous nous précipitons sur le premier rock et fidèles à notre réputation de danseurs fous, nous nous déchaînons sur la piste. Sauf que j’avais oublié un léger détail… la robe portefeuille. Qui ne demandait qu’à s’ouvrir en grand à la première pirouette, la traîtresse !
Après avoir montré ma culotte à toute l’assemblée, j’ai passé le reste de la soirée à danser en tenant ma robe d’une main, et mon cavalier de l’autre. On fait ce qu’on peut, mais l’essentiel est que ce que j’ai perdu en technique rock’n roll, je l’ai gagné en préservation de ma réputation, non ?
Inutile de préciser que pour le prochain mariage, qui a lieu samedi prochain, je remets ma petite robe parfaite. Il faut juste que je me dégote une pince à linge pour pouvoir danser sans souci, jusqu’au bout de la nuit !!