Archives de la catégorie ‘petites histoires’

Gouttes de lumière

Par Shalima • 7 juin 2011 • Catégorie: À la Une, petites histoires21 blablas

Je suis très heureuse quand on m’offre un bouquet, et en même temps, ça m’embarrasse toujours un peu. Je ne sais pas arranger les fleurs dans un vase, et une fois fanées, je les jette toujours trop tard. Je les regarde se dessécher tristement sans oser faire une croix définitive sur cet éphémère présent.

La majestueuse brassée de fleurs offerte par ma belle-mère lors de la communion de Petitou n’a pas dérogé à la règle. Elles étaient sublimes, ces fleurs venues tout droit du jardin de son amie. Il y en avait tant qu’elle a même pu en faire trois bouquets différents. Le plus gros était mon préféré, avec ses belles couleurs jaune, rouge et orange. Et pourtant il a fini par squatter un coin du buffet du salon, nous toisant de haut, un peu à l’écart. C’est dommage qu’il n’ait pu être mis un peu plus à l’honneur, mais il prenait tellement de place, aussi…

Et puis l’autre soir, alors que le soleil couchant perçait la grande fenêtre côté ouest, il s’est enfin pleinement révélé. Comme embrasé de milliers de gouttes de lumière, il était hypnotique, flamboyant de majesté. À sa place.Depuis je n’ai pas osé le déplacer, ni retirer les pétales qui commencent déjà hélas à faner.



Rencontre sur la plage

Par Shalima • 19 mar 2010 • Catégorie: À la Une, parfois j'écris, petites histoires, Saint-Malo18 blablas

marée basse

La mer s’est retirée loin au fond de la baie, et l’horizon, à perte de vue, se confond avec le ciel. Dans la lumière incertaine d’une fin d’après-midi d’hiver, une femme, toute à ses pensées, longe la grande plage déserte. Sa silhouette sombre et légèrement voutée se reflète sur le sable mouillé, se dédoublant sur cet étonnant miroir lisse.

A quelques mètres d’elle, un homme trottine avec ses deux chiens. De mon poste d’observation, bien au chaud derrière la grande verrière de l’hôtel qui surplombe la grève, je n’entends rien mais je devine l’homme hélant et encourageant ses animaux, qui sautent autour de lui avec entrain. Le joyeux trio rattrape rapidement la femme, la frôle, puis la dépasse, sans le moindre regard.

Soudain, un des chiens fait demi-tour. Il galope sans l’ombre d’une hésitation vers la femme. Instantanément, celle-ci se redresse, lui tend la main, lui flatte le museau. Ce petit interlude ne dure guère, il est vite interrompu par le maître qui siffle son animal. Le chien repart alors, courant à toute vitesse vers d’autres aventures. Et la femme continue sa balade solitaire.

Mais il me semble que désormais ses épaules sont moins lourdes, et son pas plus léger…

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(petit texte écrit lorsque j’étais à Saint Malo, et retrouvé en faisant un brin de ménage dans mes dossiers)