
Ah sucette bien aimée, douce compagne des bons et des mauvais jours, indispensable la nuit, au lever, au coucher, amie des coups de fatigue, des siestes improvisées, des séances DVD… Si pratique en cas de blues, de bobo ou de grosse colère mutante. Maudite lorsqu’on n’arrive pas à mettre la main dessus et qu’on en est réduit à retourner toute la maisonnée et à ramper sous le canapé pour retrouver la précieuse élue planquée dans un mouton de poussière. En trois ans et demi, Miniloup en aura usé, et abusé, de ce petit bout de caoutchouc.
Et puis un beau jour, il l’a perdue. Mais vraiment perdue. Nos fouilles méticuleuses n’ont rien donné et notre petit bonhomme désœuvré a passé sa première nuit sans. Puis une deuxième, une troisième, une quatrième. Oh, il y a bien eu quelques moments difficiles, des crises de manque, en journée surtout, vite compensées par des bras accueillants. Après 3 ans et demi passés en sa compagnie, nous avons résisté à l’envie de lui en acheter une autre, profitant de l’aubaine de cette perte pour tenter un sevrage définitif.
Les jours ont passé. Nonobstant le doudou grisâtre qui le suit partout (un bout de tissu interchangeable à condition qu’il soit tout doux et bien crado), Miniloup est définitivement passé dans le camp des grands.
Ah, et on a fini par retrouver la tétine, au fond d’une poche d’un blouson d’hiver. Mais chut, ne le lui répétez pas. Elle a rejoint discrètement sa petite boîte de souvenirs d’enfance.