
Vendredi dernier, c’était un peu la journée qu’on n’aurait jamais osé rêver…
La matinée a commencé en beauté avec de la danse moderne chez DNA : nous avions beaucoup aimé le cours de Julie Bour, ancienne danseuse d’Angelin Preljocaj le mercredi d’avant, nous avons donc décidé d’en prendre un second avec elle. Une fois le cours terminé, la douche prise et les aurevoirs faits à Julie, l’excitation était à son comble, avec la visite hyper attendue de Greenwich Village. Depuis notre arrivée, Vava ne nous parlait que de ce quartier emblématique du mouvement hippie dans les années 70, désormais joliment bobo et doté de boutiques sympathiques.
Nous n’avons pas été déçue, Greenwich est véritablement charmant, on s’attend à croiser les Friends et Carrie Bradshaw à tous les coins de rue. A force d’arpenter le bitume, nos pas nous ont mené jusqu’au mythique studio de danse de Merce Cunningham. Craignant un instant que ce ne soit fermé au public, nous avons pris notre courage à deux mains, et bravé le regard peu amène du gardien, qui nous a pourtant laissé passer sans faire d’histoires. Toutes tremblantes, nous avons débarqué au 11ème étage, où la compagnie était en pleine création du prochain spectacle. En mode groupie ON complet, nous avons demandé à la secrétaire si nous pouvions assister à la répétition. Ce ne fut malheureusement pas possible, mais la dame, charmante au demeurant, nous a invité à revenir un peu plus tard pour assister en tant que spectatrice au cours de fin de journée.
Vous imaginez bien qu’on ne s’est pas faites prier bien longtemps, et à 18 heures tapantes, nous étions scotchées à nos bancs, prêtes à en prendre plein les mirettes. Ce fut une expérience inoubliable : l’immense plateau, la vue plongeante sur les buildings aux alentours, le pianiste, les élèves alignés et appliqués. Si nous n’étions pas attendu à Time Square pour Le Roi Lion à 19h30, nous y serions encore, je crois.
Parce que oui, nous avons décidé que New York sans comédie musicale, même si cela flingue un budget plus rapidement qu’une descente chez Urban Outfitters, ça n’en valait pas la peine. Dès mardi nous avions nos places, payées plein pot, mais quand on aime, on ne compte pas. Et qu’est-ce qu’on a eu raison !!
C’était tout simplement absolument fabuleux. Énorme. Magique.
Dès le lever de rideau, j’ai eu la chair de poule et des larmes plein les yeux. Et je peux vous dire que ce n’était pas à cause de la clim’ bloquée en position polaire (ils sont dingues avec ça, dans ce pays !). Non, c’étaient grâce à ces merveilleux danseurs et chanteurs, grâce à toutes ces couleurs, grâce à cette inventivité dans la mise en scène. C’était grâce à cette poésie à l’état pur. Tellement d’émotion. Deux heures passées comme dans un rêve, accrochée à mon fauteuil, les yeux grands écarquillés, comme une enfant que j’étais redevenue et que j’aurais voulu rester à jamais. Deux heures bien trop courtes. Quand il a fallu retourner dans la foule et le brouhaha nocturne de Time Square, j’avais l’impression de débarquer d’une autre planète.





