PACES - première année médecine

Non, je n’irai pas voir le film. Ça attendra un peu, l’été prochain sans doute, quand cette année sera derrière nous. Parce qu’on n’a pas besoin de regarder un écran quand on vit tout ça en direct.

Cette PACES, on savait que ça allait être difficile, on s’y était même préparé, un peu. Mais je crois qu’entre ce qu’on imagine et la réalité, c’est toujours un peu différent, et ça ne se passe jamais totalement comme on l’avait prévu.

Alors oui, une première année de médecine, c’est loin d’être un parcours de santé. C’est tout le contraire même, aussi paradoxal que cela puisse paraître.

Mamzelle travaille. Tout. Le. Temps. Ce n’est pas une vue de l’esprit, une façon de parler. C’est la réalité. Chaque jour, elle se lève à 7h, elle a 4 demi-journées de cours en amphi. Ça ne semble pas beaucoup, mais en fait, le reste du temps, elle travaille non stop. Elle s’accorde une heure pour manger le midi, une heure pour manger le soir. Et deux mini-pauses de 10 minutes max à 10h et 16h. Sans oublier le tutorat le soir. Ses journées finissent à 22h tous les soirs, parfois plus tard quand le tutorat termine après 21h30. Et ça c’est du 7 jours sur 7, week-ends compris.

Son seul vrai break, c’est le samedi soir, de 18h à 22h, en général on l’emmène au restaurant quand on est à Brest, ou alors on se fait un truc sympa à la maison. Et puis elle vient avec moi à la danse quand elle rentre, 1h30 le samedi en début d’après-midi, mais ça n’est arrivé que 2 fois depuis la rentrée. Quand on lui propose une petite balade le dimanche aprem, ou qu’on lui suggère de dormir au moins un matin jusqu’à 9h, elle roule des yeux effarés. Non mais ça va pas ? Je n’ai pas le temps, maman.

Bien sûr, elle n’est pas la seule dans ce cas, l’immense majorité des étudiants en PACES suit le même rythme. Mais moi ça ne m’empêche pas d’être vraiment très admirative de ma fille, je serais bien incapable de m’infliger tout ça. Et je m’inquiète aussi, un peu, parce qu’après deux mois à ce rythme, Mamzelle commence légitimement à fatiguer. La motivation est toujours là, l’envie de réussir aussi. Ses notes en QCM blanc sont bonnes, elle est sur la bonne voie. Mais depuis quelques jours, la fatigue, cette sournoise, pointe le bout de son nez, et les baisses de moral sont à l’avenant. Ça devient très difficile pour elle, et pour nous qui sommes loin, c’est vraiment déstabilisant.

Je sais que c’est le lot commun de tout aspirant médecin, mais je peux vous dire que quand on est en plein dedans, c’est difficile de prendre du recul, de se dire que ça va aller, de trouver la distance nécessaire pour vivre sereinement les choses. On trouve le système mal fichu, mais on n’a pas le choix, finalement.

Alors le mieux qu’on puisse faire, c’est continuer à la soutenir vaille que vaille, assurer l’intendance au maximum, et la hotline du moral à toute heure du jour et de la nuit. Et espérer fort fort fort que ces quelques jours de révisions la semaine prochaine à la maison lui permettront de recharger un peu les batteries. Parce que la route est encore longue, elle n’en a fait que le quart, et le plus dur reste à venir…

Alors vous voyez, le film, il attendra encore un peu ^__^

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33 Commentaires

  1. Bon courage à cette bichette c’est une belle vocation (rien à voir mais je me doutais que « le tour du monde serait un coup de coeur pour vous) elle mérite de réussir tant de travail ça ne doit en effet pas être simple en tant que parent…

  2. Le rythme est assez dingue et tu comprends mieux le nombre d’abandons et/ou d’échecs à la première année de médecine…. Ta fille est motivée comme jamais et avec le soutien qu’elle reçoit, je suis convaincue qu’elle ira au bout. Ma seule inquiétude serait que les microbes et maladies d’hiver s’invitent à sa table donc je croise les doigts pour que ça n’arrive pas !
    En tout cas, big up à elle !

  3. C est sûr que c est difficile. Mais tu verras, son rythme de travail va encore s intensifier! Repas de Noël de 2 heures et reprise du travail, travail éclairé à la lampe de poche un soir de coupure électrique… c est du vécu… la réussite tient au travail, à la ténacité et à la santé (physique et morale)!

    • Pour Noël, non, ils ont une coupure de 2 semaines et demi entre les deux semestres, et ce sont de nouveaux cours… mais pour le reste, oui, sans aucun doute !

  4. Et oui cette première année de médecine est plus que difficile d’ou Le grand nombre d’abandon mais la miss est super bien entourée donc je ne m’inquiete pas pour elle …

  5. Oh oui c’est dur… Il faut tenir dans la durée. Ici ça a duré 2 ans. Quel supplice. Coline avait commencé à un rythme plus que soutenu, et puis après la 1ere partie du concours, elle a changé de rythme de travail, de méthode aussi. Pour reprendre un souffle nouveau. Et puis elle a rechangé encore. Mais toujours à un rythme de Dingo. Je me suis beaucoup inquiétée pour sa santé, en voyant l’état de son poids qui baissait , de ses cheveux, de son anémie. Elle a fini en mai dernier, elle est en super forme, elle est en pleine santé et détendue, heureuse. Elle bosse bien ! Mais s’infliger ça, c’est l’enfer. Je t’envoie tous les encouragements possibles, pour toi, pour elle ! Votre chance ? Pouvoir voir la mer souvent !

    • J’ai lu ton article de juin dernier, il m’a filé de sacrés frissons. Félicitations à ta fille, et quel bonheur de lire qu’elle ne s’est pas battue pour rien 🙂

  6. Continuez à lui faire de la ratatouille et d’autres plats avec amour 😉 (« ma » Céline ça va aller c’est dur mais ai confiance 💕💕💕💕 bisous Mamzelle et continue a t’accrocher t’es la meilleure)

  7. La première année est effectivement une année extrêmement dure, et tant qu’on est pas dedans, il est très compliqué de l’imaginer.
    C’est une excellente nouvelle si les résultats sont bons aux colles, il faut s’accrocher 🙂
    Plein de courage à cette petite travailleuse, c’est une année longue mais qui passe tellement vite !

  8. Je sais déjà le travail demandé à la fac en licence où toutes sections confondues il n’y a que 30 % de réussites, mais médecine c’est encore un cran un sacré cran au dessus, mais j’ai connu une demoiselle dans le genre de mamzelle avec une mention très bien au bac qui l’a eu la première année chose très rare et si j’ai bien compris obligée maintenant. Alors tout ce travail effectué va lui réussir j’en suis convaincue , les années de danse vont lui servir pour s’accrocher . Je ne la connais pas mais je sens un mental assez incroyable d’après tes écrits. Bon courage on a bien besoin de médecins.

  9. Ça me rappelle de mauvais souvenirs de prépa ! Bon courage à elle ! Il me semble qu’il faut aussi qu’elle apprenne à prendre un peu plus de temps pour elle, c’est vital !
    Je ne veux surtout pas te faire peur mais plutôt t’encourager encore un peu plus à l’encouraget à faire attention à elle. Je me souviens qu’une de mes amies, pourtant très travailleuse, organisée et solide, avait fait une énorme dépression cette année là et je regarde de toujours avec un respect mêlé d’inquiétude les si jeunes gens qui se lancent dans cette épreuve.

  10. Les études les plus difficiles pour moi . Parce que même en travaillant beaucoup +++ et en mettant tout de côté on passe quelquefois juste à côté du classement . Mais ça permet d’avoir aucun regret quand on est motivé par médecine . Ma fille a fait 2 ans . Elle habitait à la maison . Donc c’est toute la famille qui vit à son rythme , plus d’invitation à la maison , plus de vacances. Je l’ai accompagné les 2 jours de concours à chaque fois à l’hôtel . Malgré tous ces efforts rien et surtout pas d’équivalence .La 2 ème année elle avait recommencé à faire 2 h de danse avec ses copines le samedi après midi (10 ans qu’elle faisait du modern jazz) . Elle a rebondi , fait une licence de bio et est en 2 ème année d’école d’ingénieur et aime sa nouvelle orientation. Je n’ai pas de conseils , simplement continuer à l’accompagner au mieux par votre présence . On a enchaîné avec un fils en prépa mais présent que le week end à La maisn . Même rythme mais avec beaucoup plus de chance de réussite au concours .
    En médecine ce que je trouve dur , c’est qu’il bosse seul, en bibliothèque et chaque fac à son propre programme . . Ma fille me disait pendant les révisions que ça ne voulait plus rentrer !
    En prépa, c’est plus scolaire avec des horaires de cours et des professeurs qui peuvent les aider .

  11. oh là là… j’imagine très très bien… et figure toi que j’appréhendais beaucoup que Jules aille vers cette année de fou… à priori il change d’orientation… c’est très nouveau mais même si ça sera difficile aussi, ça m’inquiete beaucoup moins…
    pour revenir à ta fille, ce qui m’inquiète c’est qu’elle ne fasse quasi plus de danse… attention à l’équilibre de sa santé mentale, psychique … bisous à vous et courage !… elle est déterminée c’est ce qu’il faut !

  12. Elle est courageuse et déterminée, exactement comme devrait l’être la jeunesse ! J’envoie toutes les bonnes ondes à ta fille pour qu’elle s’accroche encore plus fort à son rêve ! J’imagine à quel point tu es fière d’elle !!!

  13. Bienvenue au club ! Mon fils est en classe prépa cette année et c’est le même rythme … je compatis …
    Par contre, j’ai vu le film « Première année » et je vous le conseille ( l’année prochaine , en dvd par exemple ?), c’est une très belle histoire d’amitié, toute en finesse avec deux excellents acteurs.

  14. Oh! Là Là. Ca a l’air terriblement éprouvant cette 1ère année de médecine. Je vous souhaite à tous et elle en particulier un bon courage pour tenir le coup et garder le cap. Je voudrais juste vous suggérer d’être particulièrement attentifs à son alimentation en cette période critique, car notre forme physique vient en grande partie de là. Je sais qu’il est très important de manger beaucoup de fruits et légumes crus. Et pas des jus de fruits achetés, bien sûr, qui ont perdu quasi toutes leurs vitamines. Apparemment, il faudrait qua notre alimentation soit composée à 75-80% de cru. Cela nous booste en vitamines. Ma maman en a fait l’expérience en tout cas. Elle était très fatiguée pendant des années. Depuis qu’elle mange ainsi, elle est vraiment en forme, à plus de 60 ans. Le gluten est aussi très fatiguant pour l’organisme. Les graines à faire germer sont un vrai concentré de vitamines. Ca ne coûte pas très cher (il faut se représenter le temps que dure un paquet), car une cuillère à soupe, une fois les graines germées, ça fait déjà beaucoup. Ce n’est pas très facile de changer toute son alimentation, bien sûr, mais pas à pas, cela peut vraiment aider. Si cela vous intéresse, je peux vous communiquer des références de livres (écrits par des médecins, professeurs qui détaillent tout cela). Et c’est extraordinaire qu’en tant que parents vous puissiez la soutenir autant matériellement et moralement. Aude

  15. Bon courage à ta fille et à vous pour cette année majeure !
    J’ai vécu ça il y a… 20 ans avec mon chéri (qui est devenu mon mari depuis) et qui passait le concours. J’étais à ses côtés et très impressionnée de la quantité de travail et du rythme sur de longs mois.
    De cette expérience, je retiens que c’est comme un marathon, il faut tenir la longueur, apprendre à se connaître, savoir ce qui fait du bien (par exemple la danse …), ce qui permet d’évacuer son stress sans se démobiliser. C’est difficile de savoir faire ça à tout juste 18 ans, cela demande beaucoup de maturité.
    Nous sommes allés voir le film il y a qq semaines. Évidemment, ça replonge dans l’ambiance directe. Je me suis beaucoup mise à la place des parents, j’ai encore le temps avant que mes enfants fassent des études supérieures (l’ainé a 9 ans) mais effectivement j’ai trouvé ça fort et émouvant et je pense que tu as raison d’attendre un peu pour le voir 😉
    Je vous souhaite néanmoins à tous une belle année et une belle réussite à ta fille en juin !

  16. Bonjour,
    Vous êtes admirable et ce que vous faites pour elle est parfait, l’accompagner, la soutenir. Je n’ai pas fait médecine mais une prépa, et ai raté l’ENS pour cause de burn out pendant la 4e épreuve du concours). Le facteur psychologique est très important, la fatigue cumulée également. On ne peut pas tenir indéfiniment à 90h de travail par semaine -ce que je faisais en khâgne- sans craquer. Il est bon alors d’avoir un dérivatif obligatoire, petit ami, hobby, ou parents qui « forcent » à couper et à faire une petite activité oxygénante, ne serait-ce que quelques heures par semaine. Ce n’est jamais du temps de perdu, car l’esprit, aéré, redevient plus vif, plus acéré et plus propre à engranger de nouvelles connaissances, le corps capable d’encaisser de la fatigue.
    Bon courage à vous, c’est une belle aventure car vous la vivez en famille.

  17. J’ai tenté… J’ai vite abandonné pour de multiples raisons. Ta fille a trouvé le rythme, si les résultats sont là alors tout est possible pour elle même si c’est difficile. C’est 1 an d’une vie pour toute la vie. Il faut juste qu’elle trouve ce dont elle a besoin pour se ressourcer. Est-ce que le samedi soir de 18 à 22h suffit? Ne faudrait-il pas ajouter une journée complète par moi? Et qu’elle n’oublie pas ses amis non plus, c’est précieux les amis, même en médecine où tout le monde est l’ennemi!
    Je lui souhaite de réussir, de garder le moral et de ne rien lâcher si c’est son rêve!

  18. Je crois pour le coup qu’elle a raison de se consacrer à cette année et à rien d’autre. Mon frère était très sportif, avait une bande de copains incroyable et a mis tout de côté cette année là. Il est même rentré à 10h le 31 décembre. Résultat il a eu son année du premier coup ainsi que sa copine qui est sa femme désormais. Il disait bien que toutes façons, sortir ne lui apportait rien hormis de la culpabilité. Je crois que tout compte cette année là et c’est clair que c’est rageant de devoir en arriver là mais bon … En tout cas, je lui souhaite du courage et à vous aussi … Mes parents avaient trouvé eux aussi cette première année épuisante ….

  19. Bonjour
    Souvenirs, souvenirs… C’est parfois dur de le comprendre en début d’année, mais il faut se dire que c’est un marathon. Sur un ou deux ans. Et ce qui compte, ce sera les résultats le jour J.
    1. ne pas se décourager. On peut avoir des résultats moyens voire médiocre, tout au long de l’année, et avec les révisions, s’en sortir très bien aux épreuves.
    2. ce qui compte, c’est la méthode + le morale et le physique dans le temps. Ne pas se coucher après 23h. Se forcer à une ballade hebdomadaire. Pratiquer une activité … ça parait du temps perdu sur le coup, mais c’est du bonus à l’arrivée. ( Perso, je n’avais pas compris ça la première année. Et loin de mes parents pour m’encadrer, ça va vite de prendre des mauvais habitudes )
    Elle a de la chance de vous avoir pas trop loin. Bon courage à tous !

  20. Je suis toujours effarée de voir la discipline que ça prend de passer à travers cette première année. C’est vraiment fou! Je me souviens encore de ma sœur qui passait ses journées enfermée dans sa chambre avec les volets fermées pour n’avoir aucune distraction, pas même un piou piou d’oiseau. Ses pauses consistaient à rejoindre la cuisine et « prendre le temps » de se faire une tartine de nutella. Comme tu l’écris bien, c’est complètement paradoxal… ces futurs médecins qui seront voués à s’occuper de notre santé commencent leur carrière en négligeant un peu la leur, quelque part. Alors, chapeau à ta fille de se plonger ainsi dans le bain. Je suis admirative. Et chapeau à vous aussi de l’accompagner ainsi avec soutien et compréhension. Ça peut tout changer.
    Plein de courage à elle!!!

  21. Bon courage a elle et à vous
    Ce doit être terrible à vivre en tant que parent
    Je suis pharmacien (concours à une epoque ou il n’etait pas commun avec medecine) 870 inscrit pour environ 120 places. Tout est dit. Et j’en garde un tres mauvais souvenir… Elle a le bon rythme faut qu’elle garde le moral, pas le choix.
    Je serais nuancée par rapports aux autres, le rythme sera plus doux le long des etudes mais faut pas se leurrer si on « trie » les gens qui ont une ENORME capacité de travailler en occultant TOUT le reste ce n’est pas pour rien. Il faudra savoir s’oublier tout au long. C’est une belle profession mais elle est tres exigente

  22. La période autour de la Toussaint est la plus difficile, car l’énergie et l’euphorie du début se dissipent, la fin est encore très loin… Juste après les vacances de la Toussaint, c’est là que beaucoup craquent et c’est là que j’ai craqué aussi. J’ai failli tout envoyer balader. Puis je me suis relevée, tout doucement. Mais c’est une année qui m’a marquée au fer rouge. Emotionnellement, mentalement il y a un « avant » et un « après ».
    C’est peut-être encore plus dur de vivre cela d’à côté. Continuez à faire ce que vous faites, c’est normalement ce dont elle a le plus besoin et ce dont manquent cruellement les étudiants de ces cursus: le soutien psychologique.

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