Je suis partie fin août dernier au Québec avec la #TeamBleuettes (les chouettes Victoria, Laetitia, Alice, Lyloutte & Laura) à la découverte des bleuets sauvages du Lac Saint-Jean.

C’était mon premier voyage au Canada, je peux vous dire que j’étais excitée comme une puce, et je n’ai pas été déçue, loin de là !

Je suis une grande fan de fruits en général, des baies et des fruits rouges en particulier, et j’avais déjà vaguement entendu parler des bleuets du Québec, que j’associais – un peu à tort, comme vous allez le voir – à nos myrtilles françaises. J’ai été finalement surprise par leur mode de production très particulier, et surtout par l’identité très forte que les bleuets confèrent à la région du Lac Saint-Jean, où ils poussent à foison.

En effet, contrairement à « nos » myrtilles, les bleuets sauvages ne peuvent être plantés ou semés, ils sont présents depuis la nuit des temps dans le sol, sous forme de rizhomes. Pour la petite histoire, ce sont les grands incendies de 1870 qui ont ravagé les pourtours du Lac Saint-Jean qui leur ont permis de pousser là où la forêt avait entièrement brûlé. Les habitants ont tout perdu à l’époque, mais ils ont gagné deux ans après le fameux bleuet, devenu depuis un véritable emblème pour la région qu’ils surnomment fièrement la perle bleue.

Les bleuets poussent donc à l’état naturel, ou sauvage, dans les forêts, pour peu que celles-ci laissent passer suffisamment de lumière du jour. Il est également important que les plants soient protégés par une épaisse couche de neige en hiver, afin qu’ils ne gèlent pas (il peut faire jusqu’à -50°C dans la région !). Chaque plant fournit des fruits tous les deux ans, la récolte a lieu à la fin de l’été, et s’étale sur 3-4 semaines. C’est l’occasion pour des familles entières de se retrouver et de ramasser les précieux bleuets dans une ambiance très festive. Personne ne vit à 100% de la cueillette, c’est une activité secondaire et saisonnière, mais culturellement très importante pour la région.

• La cueillette des bleuets en forêt •

Nous avons visité la forêt municipale de Normandin, où de grandes bandes de terres sont défrichées au sein de la forêt, en alternance entre les arbres, afin de maintenir à la fois l’activité forestière et les bleuets au sein d’un même endroit. Cette forêt est gérée par une corporation de différents acteurs économiques de la région, et une partie est accessible librement aux particuliers pour leur consommation personnelle.

Nous avons ainsi pu expérimenter la cueillette le premier matin de notre séjour, de bonne heure et dans une lumière absolument féérique. Il suffisait de se baisser, et de ramasser ! On peut s’aider de grands peignes métalliques pour aller plus vite, mais quand on débute comme nous, à la main, c’est pas mal aussi. À l’arrivée les fruits sont intacts, et quel délice à déguster ensuite !

• Les bleuetières •

Les bleuets ne poussent pas uniquement dans la forêt, il existe également dans la région de nombreuses bleuetières privées (environ 350) où les terres sont travaillées afin que toutes les conditions soient réunies pour que les bleuets poussent en abondance.

Les parcelles sont tout d’abord brûlées pour éliminer les arbres et enrichir le sol. Ensuite, lorsque les rizhomes commencent à pousser, il faut désherber durant l’année de croissance (soit à la main si on veut des bleuets bio, soit avec des désherbants chimiques – interdits l’année de fructification). La floraison / fructification a lieu tous les 2 ans, les producteurs font alors appel à des apiculteurs qui leur louent des ruches afin que les abeilles pollinisent au maximum les plants. Il n’y a pas besoin de traitement supplémentaire particulier car le froid protège les bleuets des différents nuisibles et maladies. Enfin, vers la mi-août, c’est l’heure de la récolte.

Nous avons visité la bleuetière de la Famille Saint-Pierre : une grande parcelle où toute la famille passe la fin de l’été à la cueillette, dormant sur place dans un petit chalet. C’était assez émouvant de retrouver là plusieurs générations : Mr Saint-Pierre le grand-père, son épouse, sa belle-fille et même leur petite-fille apprenant à manier la machine à cueillir. Tous passionnés par les bleuets.

Au delà du côté festif, Mr Saint-Pierre nous a également fait part des difficultés des dernières récoltes, de la concurrence des myrtilles hybrides des pays voisins, de la chute des prix, et sa peur de voir disparaître une activité traditionnelle et familiale si importante à ses yeux. Son émotion était palpable – et contagieuse – heureusement Mme Saint-Pierre est venue à la rescousse avec ses bleuets recouverts de chocolat maison, et nous avons embrayé sur la culture biologique des bleuets, le cheval de bataille de leur belle-fille. Zéro traitement, cueillette et tri à la main, un travail impressionnant avec au final des bleuets absolument délicieux, j’en rêve encore la nuit !

• Et après la cueillette, que fait-on des bleuets ?

La région Saguenay – Lac Saint Jean produit entre 60 et 70 millions de livres de bleuets sauvages. Ils sont réputés pour leur goût et leurs nombreuses vertus pour la santé.

Une grande partie de la production de bleuets est congelée afin d’être vendue aux quatre coins du globe. Le reste est transformé en confitures, chutneys, jus, ou encore séché pour être incorporé dans diverses recettes. Finalement seule une toute petite partie est consommée fraîche, durant la période de récolte, car le bleuet frais non congelé est un produit très fragile, et qui s’abîme vite. Il est difficile de le transporter et de le conserver longtemps sur les étals.

Nous avons visité l’entreprise de conditionnement de bleuets frais Nutrableu qui a réussi le pari justement d’exporter les bleuets frais en dehors de la région, afin que ceux-ci se retrouvent sur les étals des marchés et des supermarchés dans tout le Québec, et petit à petit du reste du Canada et du nord des USA. C’était passionnant de discuter avec un des trois fondateurs de l’entreprise, il était intarissable sur ce qui était au départ un pari un peu fou…

Nous avons également visité Les Délices du Lac Saint-Jean, une boutique – écomusée tenue par deux sœurs super dynamiques et leur maman, qui raconte l’histoire des bleuets et les transforme en une multitude de gourmandises : des tartes, des confitures, des tartinades, des sauces… J’étais comme une dingue dans la boutique, et suis ressortie de là avec de quoi lester sérieusement ma valise de retour ! Impossible de résister !

Les transformations du bleuet sont multiples, nous avons par exemple goûté de la bière blanche au bleuet à la micro-brasserie La Chouape, des bleuets recouverts de chocolat à la Chocolaterie des Pères, un délicieux sorbet bleuet au bar laitier La Vache Copine au bord du lac, des yaourts au coulis de bleuet à la fromagerie bio de la Ferme des Chutes, et même découvert des cosmétiques au bleuet Ta Peau Ton Fruit

Si dans la région du Lac Saint Jean, on retrouve la plupart de ces produits chez les uns et les autres, une adresse à ne pas louper, c’est le Marché Wallberg qui a ouvert il y a peu à Dolbeau Mistassini : on y trouve de tout, des produits frais locaux, de l’épicerie classique, et du bleuet sous toutes ses formes. On peut même déjeuner sur place, boire un café, c’est super sympa !

En résumé, on a fait une véritable cure de bleuet durant ces trois jours, j’en rajoutais même dans mon gruau (= porridge) du matin, ou sur mes gaufres ! Il n’est pas facile d’en trouver chez nous, mais désormais je guette les étiquettes ! #TeamBleuettesForever

Merci WBANA WildBlueberries pour ce superbe séjour,
Néri et Gervais pour votre accueil et votre gentillesse,
Sophie, Lara et Julie pour votre accompagnement au top,
et Laetitia, Victoria, Alice, Laura et Lyloutte pour votre bonne humeur !

Et très vite la suite avec le tour du Lac Saint Jean, et une balade dans la belle ville de Québec !

 

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4 Commentaires

  1. Une jolie découverte que ces bleuets du Lac Saint Jean. J’ai appris plein de choses grâce à ton article. C’est vrai qu’on trouve peu de bleuets en France mais bien davantage aux Etats-Unis. On les retrouve facilement dans leurs fameux muffins. Tu m’as donné envie d’en remanger bien que je ne me souvienne plus exactement de leur goût. Une amnésie qu’il va me falloir rattraper 😉 .
    Hâte de lire ton article sur Québec. J’espère que tu es entrée à l’intérieur du château Frontenac !

    A bientôt,
    Cécilia

    • C’est ça que j’adore dans les blogtrips, on apprend tellement de choses et on rencontre des gens toujours passionnés. C’est toujours un plaisir de partager tout ça ensuite avec vous ! Les bleuets sont tellement délicieux, plus doux et sucrés que les myrtilles, je trouve… Je te souhaite d’en remanger prochainement ! À très vite pour la suite !

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