La vie de Mamisa – Le permis de conduire

Ma grand-mère paternelle, Mamisa, est née en 1913 à Buenos Aires (Argentine) et a vécu toute son enfance à Rio de Janeiro (Brésil). Elle a perdu son père très jeune, sa mère s’est remariée et elle a été élevée par son beau-père. Sa demi-sœur Moune est née en 1925.
A cette époque, mon arrière grand-père par alliance était diplomate, il travaillait 3 ans à Rio puis passait ses 6 mois de vacances en Europe avec femme et enfants. La traversée de l’Atlantique se faisait sur un bateau de marchandises et durait 30 jours. Il y avait très peu de cabines 1ère classe, seules 2 ou 3 familles pouvaient loger sur ce bateau. Le voyage était ponctué d’escales exotiques : Bahia, Dakar, Casablanca… le temps était long à bord, mais Mamisa en garde un très bon souvenir, notamment grâce au Capitaine qui avait l’âme d’un poète et qui les charmait avec ses innombrables récits.
En 1932, toute la petite famille part vivre à Tunis pour 3 ans. Mamisa continue ses études et se fait rapidement quelques amies parmi les notables de la ville. En 1934, un jour qu’elle se promène dans la rue, elle croise une camarade de classe dont les parents tiennent un grand magasin de meubles. Mamisa est stupéfaite de voir cette jeune fille au volant d’une voiture flambant neuve. Pour tout dire, c’est la première fois qu’elle voit une femme conduire. Alors ni une, ni deux, Mamisa rentre chez elle et court demander à son père de lui apprendre à conduire.
Celui-ci ne sait rien lui refuser, mais ne se sentant guère l’âme d’un instructeur d’auto-école (les cours auto-ecole ça n’existe pas encore !), il emmène sa fille au garage où il a acheté sa voiture. C’est le mécanicien qui va apprendre à Mamisa à conduire.
C’est ainsi qu’à l’âge de 19 ans, Mamisa fut la 2nde femme de Tunis à décrocher son permis de conduire. Elle put ainsi emprunter la voiture de son père, qui dans un premier temps exigea de l’accompagner partout où elle voulait aller. Elle conduira jusqu’à l’âge de 80 ans, sans soucis. Je me souviens des traversées épiques de Casablanca dans sa petite Renault 5 blanche, dans une circulation démentielle, sans ceinture de sécurité et les mains agrippées aux fauteuils en skaï noir !

♥ gribouillé par Shalima le 6 juil 2008
♥ bien rangé dans: famille story, la vie de Mamisa, parfois j'écris, souvenirs souvenirs
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J’ai une 205 marron à vendre sur E-bay pour ta Mamisa, pas chère pour une gazelle, parfaite pour Casa, j’lui file le lien ? ^^
Una dama de las de verdad tu Mamisa…elle me rappelle la mienne, seule femme en fac de médecine à l’époque…sacrés caractères!!!
Formidable ta Mamisa! Chapeau.
Moi je suis la premiere femme de 18 ans a avoir planté la voiture 2 minutes apres avoir ma conduite accompagnée.
Et j’en suis fiere.
Je crois que je me répète, mais ‘jadore quand tu nous raconte la vie de ta Mamisa! Elle a vraiment l’air d’être extra!
J’adore ce genre de récit de famille! et la photo, c’est elle?
Bravo à ta Mamisa parce qu’aucune de mes grands mères ne sait conduire!
Enfin c’est de la faute de mes grands-pères, ils les jugeaient pas assez douées pour conduire…
Oui oui continue à nous raconter la vie de Mamisa car c’est passionnant, il faudrait en faire un livre même !
C’est vrai que c’est une sacrée personne, très attachante, et sans doute très réaliste, pour arrêter de conduire à temps…
))
Et je te soutiens contre la grève des coms, c’est horripilant, on dirait que tout le monde est parti (sauf toi et certains…)